Il y avait peut-être un potentiel dans Dark Water (2002). Un immeuble délabré, une mère isolée avec son enfant, une menace insidieuse qui suinte des murs… Mais tout ça s’évapore dans un film qui ne sait jamais vraiment quoi faire de ses propres idées.
Le problème, c’est qu’il ne fonctionne ni comme film d’horreur, ni comme drame psychologique. Tout est trop attendu. Les ombres qui disparaissent au moment où le personnage se retourne, la caméra qui insiste un peu trop sur des couloirs vides, les bruits inquiétants qui ne mènent à rien… Un recyclage de ficelles usées qui ne parvient jamais à créer un vrai malaise. Et pourtant, le film ne compense même pas avec une ambiance visuelle marquante. Il n’a pas cette identité forte qui aurait pu lui donner du relief.
Là où il aurait pu jouer sur le doute, sur la perception d’une mère qu’on aurait pu accuser de paranoïa, il abandonne vite cette piste. Ce qui aurait pu être un fil rouge narratif se révèle n’être qu’un prétexte vite laissé de côté. Quant à l’enfant, élément central du récit, il n’est qu’un figurant qui rit ou suit sa mère sans jamais exister vraiment.
Mais surtout, c’est lent. Pas lent comme un film qui installe une tension progressive, mais lent comme un film qui s’étire sans but. L’angoisse ne monte jamais, l’histoire ne surprend pas, et l’ensemble finit par ressembler à un exercice de style désincarné, vidé de toute substance. Un film qui voulait hanter mais qui, au final, lasse bien plus qu’il ne trouble.