Ne laissez pas le point de départ vous berner, ce dernier film de Park Chan-Wook n'est ni un thriller ni un polar, mais une histoire d'amour ! Entre un enquêteur insomniaque qui soupçonne une veuve d'avoir tué son mari, et ladite veuve, femme aussi belle que trouble.
Le réalisateur coréen fait ainsi ostensiblement du pied à Alfred Hitchcock. Une séquence de voyeurisme qui référence "Rear Window", mais surtout une trame qui fait écho à celle de "Vertigo". Park Chan-Wook prend toutefois ses distances avec le "master of suspense", livrant un film personnel.
Bien qu'il soit assez différent de ses polars sombres et violents, "Heeojil Gyeolsim" n'en demeure pas moins très élégamment filmé. Avec plusieurs idées astucieuses dans la mise en scènes, de très jolies images, et une photographie soignée. Par ailleurs, le film ne rompt pas avec la tradition du cinéaste de fournir des pistes tortueuses, des rebondissements qui sortent des sentiers battus, et une construction différente des canons du genre, sans pour autant perdre le spectateur.
Toutefois, il faut bien avouer que le rythme est assez lent. 2h20 c'était peut-être un peu luxueux pour cette histoire d'amour sur fond d'enquêtes, qui contient plusieurs ventres mous.
Heureusement, les acteurs sont au top, le Coréen Park Hae-il et la Chinoise Tang Wei formant un couple interdit des plus tumultueux. En prime, le scénario joue allègrement sur leurs différences linguistiques.
A l'arrivée, Park Chan-Wook ne livre pas une œuvre majeure de sa filmographie... mais nous donne du bon Park Chan-WOok tout de même !