Qui dit film de l’été, dit film de requin, évidemment. Et comme ce sous-genre est ultra prolifique et très apprécié du public, même quand il s’agit de mauvais films, impossible de passer à côté de cette nouvelle production qui a débarqué fin juillet sur Canal+.
Cette fois-ci, c'est un réalisateur coutumier du fait qui s’y colle, Renny Harlin, puisqu’il a déjà le plutôt convaincant PEUR BLEUE à son actif. Bon après, le mec a vachement décliné avec l’âge, on est passé de DIE HARD 2, LE CAUCHEMAR DE FREDDY et CLIFFHANGER dans les années 90, à l’immonde trilogie LES INTRUS, son dernier méfait en date. De quoi rester dubitatif.
DEEP WATER est donc un crossover plutôt original même s’il manque terriblement d’audace et de personnalité, qui mélange le film de catastrophe aérienne, avec le film de requin. Nous suivons donc toute une galerie de personnages très, très clichés, à bord d’un vol reliant Los Angeles et Shangaï. Bien sûr, le vol ne va pas se passer comme prévu et l’avion va être contraint d’amerrir en plein océan Pacifique dans une zone infestée de requin.
Bon déjà le titre du film "eau profonde" en français, est mensonger, même si l’avion se crashe au beau milieu de l’océan, il reste suspendu à des rochers et des coraux qui effleurent la surface de l’eau. Pas grave, ce n’est qu’un détail, mais ça a de quoi titiller notre incrédulité.
Car même si l’on s’attend évidemment plus à un film de série B à petit budget, qu’à un grand spectacle ébouriffant, on a du mal à faire abstraction des gros défauts qui font tâche sur la copie finale.
À commencer par cette curiosité de raconter deux événements dramatiques à la suite, le crash de l’avion, puis la survie au milieu de l'océan, ce qui scinde complètement le film en deux parties distinctes, mais aussi très inégales.
Autant la première partie, aérienne, est drôlement bien réussie, l’exécution est maîtrisée de bout en bout. Exposition rapide et concise, enchaînement logique des évènements et des péripéties, le récit se tient, la mise en scène est soignée, et franchement ça a de la gueule, les effets numériques sont convaincants et la tension bien présente. À noter un travail remarquable sur les ambiances sonores, seule qualité commune aux deux parties distinctes de DEEP WATER.
Puis vient la partie survival dans l’eau, et là, on frôle la catastrophe, le nanar n’est pas loin. Ce qui plombe grandement cette première partie, très bis, mais divertissante.
La seconde partie du film, comme je le disais, au secours, quel naufrage, sans mauvais jeu de mot.
Passons sur les requins en CGI assez moches, le budget ne permet pas de folles images de synthèse (quoique le crash d’avion était plutôt propre), ni sûr les incohérences scénaristiques et les invraisemblances, c’est du cinéma de divertissement avant tout.
Mais alors quel énorme gaspillage, toute la tension et le suspens du début du film retombent à plat, dans un jeu de survie où la poignée de survivants (les personnages exposés au début du film en fait), se retrouve décimée petit à petit dans un enchaînement de situations ultra convenues, qu’on a vu mille fois dans mille autres films de requin. Aucune originalité.
Mais le pire réside dans ce récit de "survivant héroïque" où tout les clichés s’accumulent, à un tel point que chaque personnage campe un aspect de la personnalité qui le caractérise: le co-pilote héroïque, le connard à qui on met tout les tords sur le dos, l’hôtesse de l’air très bonne nageuse (pas tant que ça au final), la gamine apeurée, etc... Un joli bestiaire de tout ce qui fait un nanar en puissance.
Et cette fin tellement hollywoodienne qu'elle en devient ridicule, les violons qui accompagnent le salut de nos survivants prêtent plus à sourire qu’à verser une larmichette d’émotion. Nan sincèrement, à quel moment on devrait s’émouvoir ? On est venu pour le spectacle, pour voir de la viande humaine se faire engloutir sous les eaux.
En guise de conclusion, DEEP WATER, vaut le coup d’œil uniquement pour sa première moitié, avec un crash aérien spectaculaire et bien branlé, qui tient toutes ses promesses, grâce à un rythme soutenu et une mise en scène impeccable. Hélas, le film est plombé par sa seconde partie qui se concentre sur l’élimination un à un des quelques survivants par des squales affamés. C’est un peu dommageable quand on vient voir un film de requin, ce manque de liant entre les qualités du début et le manque d’originalité du reste du film. Ça reste divertissant mais pas inoubliable, peut être qu’en amputant 15 bonnes minutes sur la partie dans l’eau, ça m’aurait évité de souffler.
Ma note: 5/10
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