Près de 40 ans après sa sortie, le film de Francis Girod suscite toujours autant d’intérêt et de passion auprès de nombreux spectateurs. Non pas à cause du film qui, nous y reviendrons, est loin d’être une réussite mais ce sont les quelques scènes torrides entre Claude Brasseur et Sophie Marceau qui attisent toujours autant la curiosité aujourd’hui.
1980, les deux acteurs sont à l’affiche de « La Boum » de Claude Pinoteau. Personne ne l’a oublié, Brasseur y interprète le père de la jeune Vic, incarnée par la découverte Marceau.
Six ans plus tard, les deux acteurs se retrouvent cette fois-ci, en couple à l’écran dans ce polar « sulfureux » où Sophie Marceau dégage une féminité rarement égalée, très loin de l’adolescente sage préférée des français.
Curiosité malsaine peut –être, cela reste toujours aujourd’hui, un gros coup de pub pour un film mineur.
Adaptant, un roman de David Goodis, Girod dresse le portrait de ce couple en crise où chacun cache une mal être profond. On aurait aimé plus de dimension autour de ces personnages blessés. Au lieu de cela, le réalisateur peine à nous intéresser à leur sort, restant trop en surface. La mise en place est longue et ennuyeuse jusqu’à l’évènement dramatique qui les rapprochera.
Entre deux plans de Sophie Marceau nue, on s’ennuie poliment et ce n’est pas cet évènement (pratiquement dévoilé en début de film mais développé dans sa seconde moitié) qui réveillera notre intérêt.
Entre polar et histoire d’amour, Girod ne fait jamais vraiment de choix et nous laisse finalement au bord de la route.
Dommage car, entre un cadre original (Haiti) et un casting malgré tout réussi (malgré d’excellents seconds rôles, mais sous exploités), la faiblesse du scénario, pourtant co-écrit avec Jean Loup Dabadie, et la mise en scène quelconque de Girod annihilent tout le reste.