La conformité apparente de ce remake américain à son modèle, Les Diaboliques (1955) d’Henri-Georges Clouzot, tant il reprend des éléments essentiels du film et du roman, allant jusqu’aux détails les plus frappants (la paire de lunettes noires, par exemple), laisse planer pourtant une ambiguïté, peut-être involontaire : l’absence d’accord de l’adjectif « diabolique » repris du français dans un contexte anglophone fait disparaître le pluriel ainsi que la substantivation, généralise donc l’application de la qualification « diabolique » à tous les personnages voire au long métrage lui-même.
Aussi Jeremiah Chechik sonde-t-il le mal ambiant à la façon d’un polar et non plus d’une œuvre fantastique, qu’il retranscrit par une mise en scène maniériste et, à ce titre, très explicite, comme fasciné par les machinations et autres tours de passe-passe remarquables organisés par le roman original, passés à la moulinette de son scénario : le résultat souffre d’incohérences et surtout d’une surcharge de retournements de situation rendant l’ensemble artificiel. Notons enfin l’influence de Possession (1981), où Andrzej Zulawski mettait déjà en scène une Isabelle Adjani instable et confrontée au double. La partition originale de Randy Edelman et l’interprétation convaincante des comédiennes principales suffisent néanmoins à rattraper ces défauts et à assurer un spectacle hollywoodien regardable, mais sans plus.