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le 29 sept. 2026
SuivreTom Creuse
Sans spoilerEn cette période incertaine où l’enchaînement des crises s'accélère en intensité et en fréquence, Alejandro Gonzalez Inarritu déploie dans son dernier film Digger un état des lieux des...
Je décris seulement mon avis personnel et mon ressenti subjectif vis-à-vis du film, mes positions ne nient aucunement les vôtres.
L'objectif de cette démarche amatrice est d'échanger autour du 7ème art, dans le respect de toustes.
Je vous remercie pour vos bienveillances.
Et je préviens : je vais spoiler comme une pelle.
À la radio, j'ai entendu une publicité pour une assurance qui commence par la réplique
« Il serait fou d'imaginer qu'une entreprise ne cherche pas à faire de bénéfices ! »
Je me mets direct dans le ton du film en enfonçant une porte ouverte : la normalité, dans notre Occident capitalisé, c'est la productivité, slash rentabilité, collective et individuelle.
Tout ce qui se veut alternatif à ce modèle monétisé est malade, déviant.
Et pour moi ce Digger s'inscrit totalement dans cette logique.
À aucun moment il n'entend ou n'entreprend de l'attaquer, la questionner, la critiquer, ou la moquer.
Ce qui ne me plait vraiment pas.
Mais commençons par le début !
Le film démarre par le lever du personnage principal, Digger Rockwell, dans un grand lit à baldaquin dans une chambre à la hauteur sous plafond démesurée. Entre une domestique.
Oui, une citation directe des levers de rois...
Puis vient le premier sketch, avec Digger qui sort son chat de sous sa couette.
Comme dans son précédent film Netflix (dont je ne citerai pas le titre sous peine de m'enflammer immédiatement), Iñárritu va tourner en rond, et ressortir ses sketches en boucle. Il y aura donc plusieurs (fois le même) sketches autour du chat.
Je les résume : le chat il est méga vieux (il a 30 ans, rendez-vous compte), et il a plusieurs maladies. Il a même un cancer... À la fin il se fait même "décapiter"...
Oh wow mais bon sang, je suis plié en quatre quarts, Alejandro.
Tu comptes vraiment nous resservir ton mépris totalement vulgaire de ton étron précédent ?!?
(Oui, c'est ce qu'il fait.)
Parce que le président des États-Unis, lui aussi il a un cancer ! Mais comme c'est drôôôôôle !
Et en plus c'est un cancer colorectal !!! Je suis hilaaaaare !!!
Et surtout le mieux c'est que après il en meurt !!!!! J'en pleure, là !!!!!
Arrête, Alejandro, je t'en supplie, mon ventre va imploser tellement je me bidonne, là.
Est-ce que cette personne, là, créditée à la réalisation de ça, espère que les personnes qui ont un cancer colorectal se rendent compte de leur bouffonnerie, et que celleux qui ont eu quelqu'un dans leur famille mort·e d'un cancer colorectal sont bien conscient·e·s de tout leur ridicule ?
J'ai la naïveté d'espérer que non...
Une barre de rire, couplée à une leçon de vie, le tout emballé sous vide dans un plastique certifié écoresponsable (ah non, pardon, j'ai lu trop vite).
Je reprends le déroulé du film.
Digger se lève, et se met à parcourir son manoir. La caméra est devant lui, à hauteur de ses pieds. Le film rampe devant Digger. Littéralement. Y a même un plan rapide où la caméra se met à la place d'une tête d'animal trophée sur un mur.
Outre le fait que Iñárritu démarre sa "satire" de manière extrêmement convenue et sage, selon le code suranné du voyage du héros, aussi classiquement qu'avec l'exposition du monde ordinaire et donc en terme de "satire" bien le bonjour on repassera, je pense que Iñárritu se projette 1er degré dans son héros. Il y aura même une réplique nous expliquant (parce que nous sommes bien trop stupides pour comprendre autrement que par paternalisme, évidemment) que Digger est un être humain, émouvant, et attachant. À la fin, il est montré abandonné par le système dont il a profité. Le pauvre. Et sa mort est mise en scène avec une poésie 1er degré, aucune blague. Exactement comme la mort de l'alter ego de Iñárritu à la fin de son précédent turbonanar Netflix en est la seule et unique scène sérieuse avec la petite musique tristounette de violons là tu vois.
L'objet de la comédie (j'arrête de parler de "satire", parce que ça n'en est pas une, point voilà) de Iñárritu n'est jamais Digger Rockwell (ni Curtis Markson), mais le monde qui l'entoure.
Parce que c'est tellement plus facile de faire rigoler en tournant en ridicule un chat malade, ou en se moquant d'une décoration d'intérieur. Ou d'un vieux malade. Ou d'une femme.
Mais oui, quel courage, quel engagement, Alejandro !
Ça mérite pas une médaille, ça ?
D'autres personnages entrent en scène, puis vient le twist de la 20ème minute.
J'ai lu et entendu beaucoup de critiques parler de ce twist à Saint-Tropez.
Pour moi c'est délicat et subtile comme la poignée de gravier qui porte le nom de "Flûte enchantée du fasciste Ingmar Bergman", ça sert de charpente bien fat et non dégrossie au film.
En tous cas ça devrait servir à chapitrer le futur DVD.
Mais de mon point de vue ça n'apporte rien de plus aux thèmes du récit.
Ça permet de bien l'étier, par contre, ce récit. Oooh oui c'est long.
Ça va encore montrer que tout le monde rampe, à un moment ou à un autre, devant quelqu'un (Hannah, Kenny...).
C'est bien, Alejandro. "Employé du mois", là, non ?
En ce qui me concerne, j'en arrête là avec le déroulé du film, parce que en fait je m'en contrefous stratosphériquement.
Autant j'avais trouvé sa daubarde précédente révoltante, et j'en ai déjà trop parlé là je sens que ça commence à chauffer dans mes narines, autant là je trouve ça d'une fadeur abyssale.
Parce qu'il enfonce des portes ouvertes, mais aussi parce que, de mon point de vue, il ne va jamais plus loin que les idées énoncées en programme dans son introduction. Vous savez, dans les exposés, quand on annonce son plan en 3 parties, on met nos 3 idées fortes. Eh bien imaginez Iñárritu il fait ça, toujours sagement et convenablement, mais en fait il n'a rien à développer après, dans ce qu'on appelle habituellement un "développement" pourtant. Il répète ses 3 idées, en les reformulant ou pas, convaincu qu'elles sont fortes tellement il est intelligent.
Mais c'est mince, comme on dit dans l'Enseignement.
Du coup je vais finir en ciblant les points à déconstruire, dans ce film mais pas seulement.
Point de la fin.
Créée
le 6 oct. 2026
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