Suite officieuse de Close Encounter of the Third Kind et E.T., traitement thématique de la spiritualité semblable à l’approche de Contact, Disclosure Day s’inscrit dans une continuité qui vient y ajouter du sens et le complimenter. Et ce jusque dans la mise en scène qui vient offrir le paroxysme du reaction shot alla Spielberg (vous savez, ce plan d’Alan Grant qui enlève ses lunettes devant les troupeaux de dinosaures, qui nous fait voir à nous, spectateurs, les effets de ce que l’on va voir juste après sur le visage des personnages, créant immédiatement un sens du merveilleux - ou de la terreur dans War of the Worlds) qui parsème sa filmographie, en l’appliquant à huit milliard de personnes.
De quoi créer une montée en tension du mystère qui entoure les éléments du récit malgré que sa finalité soit donnée dès le titre. De quoi faire couler les larmes sur le dernier quart d’heure. De quoi donner à Emily Blunt son meilleur rôle à mes yeux, la sortant de cette catégorie personnelle dans laquelle je range 80% des actrices et acteurs qui sont bons mais ne m’ont jamais transcendés. De quoi s’inscrire en faux dans le marasme de notre actualité, en déclarant ouvertement l’empathie comme meilleur avantage évolutif de notre espèce, comme un gentil doigt d’honneur à Elon Musk et son “The fundamental weakness of Western civilization is empathy”.
A respectivement 79 et 94 ans, Steven Spielberg et John Williams continuent de faire montre d’une énergie folle, livrant des scènes à la fluidité exemplaire, souvent en long shots qui accompagnent les personnages. En gardant cet humour bon enfant qui a toujours accompagné le cinéaste, notamment dans une scène de hangar “vide”. En parlant, encore et toujours, de sujets qui sont chers au cœur d’une cinéaste, qu’ils soient humains ou d’ailleurs.
En provoquant émerveillement et frisson dans une même séquence, comme a toujours su le faire tonton Steven.