Spielberg… j’y vais, j’y cours, j’y vole … d’autant que cette rencontre aurait dû me renvoyer en 77, celle du 3ème type. Oui j’ai suivi attentivement et non émerveillée les 2h25 du "Diclosure day" mais la révélation est sans magie. Une attente trop forte ? Un espoir trop grand ? Certes Spielberg nous confie encore une fois ses questionnements métaphysiques et ici bien souvent religieux : la présence d’un Dieu peut-elle être supplantée par un être supérieur à l’humain bref par un E.T ? Que ou qui croire dans un monde au bord de la 3ème Guerre Mondiale, dans un monde où règne le chaos ? On retrouve l’éternelle recherche de ce sentiment humain qui semble disparu : l’empathie. On retrouve cette aptitude humaine : comprendre ce qui nous entoure, comprendre l’autre. Mais quel désenchantement ! "Disclosure Day" c’est du vu et revu et pourtant c’est sans aucun ennui bien que le rythme est lent, le montage traditionnel et l’intrique ou suspens raté car trop prévisible. En effet Disclosure Day suit la structure du conte : une situation initiale (ici surprenante), des évènements perturbateurs - ce qui entraîne nos personnages dans des péripéties ici "devinables" - et un dénouement pour achever la quête de notre ou de nos héros. MAIS quelque chose dans la technique de Spielberg nous empêche de passer un moment désagréable et difficile : la photo est magnifique, les cadrages parfois surprenants, les plans parfois originaux, bref du Spielberg. Les acteurs sont superbes dans le désarroi, l'incompréhension et leur détermination. Et puis il y a la musique de John Williams qui mêlée à un air iconique d’un Disney, que je ne citerai pas, nous emporte vers le monde de Spielberg, ses croyances et ses doutes. Oui, il faut bien croire "qu’un jour un prince viendra", mais il ne rivalisera pas avec notre / nos Dieu.x. Parce qu’il est bien là le dilemme de Spielberg : à la paranoïa des uns, à l’avidité (de pouvoir) des autres, seule la croyance de quelques uns sera la révélation destinée à nous tous, sans secret. Donc athées, passez votre chemin car le discours est lourd et dérangeant. Quant aux agnostiques, profitez de la technique de Spielberg et oubliez son "message". Ce film serait-il un travail de psychanalyse de Spielberg ? Un film à voir mais pas à revoir qui exprime sans doute les incertitudes de Spielberg sur notre capacité à nous comprendre.