Énième séance de l'année et découverte de Disclosure Day, le nouveau film de Steven Spielberg. Je dois reconnaître que j'étais assez curieux de voir ce qu'il allait proposer avec ce projet présenté comme son grand retour à la science-fiction. Au final, j'ai passé un bon moment, mais je dois aussi reconnaître que je suis resté un peu sur ma faim.
L'histoire repose sur un concept assez simple : des personnes tentent de révéler au monde que nous ne sommes pas seuls, tandis que des institutions tentent de contrôler ou cacher certaines vérités. Dit comme cela, ça paraît très ambitieux, mais dans les faits le film est beaucoup plus intimiste et terre-à-terre que ce que certains imaginent.
D'ailleurs, je préfère prévenir celles et ceux qui s'attendent à voir débarquer un nouveau E.T., un nouveau Rencontres du troisième type ou un gros blockbuster de science-fiction rempli d'effets spéciaux. Ce n'est absolument pas cela. Le film repose avant tout sur ses personnages, ses dialogues et les réactions humaines face à quelque chose qui les dépasse.
Et c'est là que l'on retrouve tout le savoir-faire du père Spielberg.
Parce que même quand il raconte quelque chose d'assez simple, presque naïf, le bonhomme reste un immense metteur en scène. Il y a toujours cette fluidité dans le découpage, cette capacité à rendre intéressantes des scènes qui pourraient paraître totalement ordinaires chez d'autres réalisateurs. Techniquement, c'est impeccable. La photographie est belle, les cadrages sont soignés, le rythme est bon malgré une intrigue qui avance finalement assez lentement.
Le casting fait également le travail. Tout le monde est convaincant et les personnages sont suffisamment incarnés pour que l'on ait envie de suivre leurs trajectoires jusqu'au bout. Rien de révolutionnaire mais rien à redire non plus.
Là où j'ai davantage de réserves, c'est sur l'histoire elle-même.
Je ne peux pas dire que je me sois ennuyé mais j'ai quand même eu l'impression de voir un Spielberg qui recycle beaucoup de thèmes qu'il explore depuis quarante ans. L'émerveillement, la famille, la foi, l'inconnu, la place de l'homme dans l'univers, l'espoir malgré tout... c'est toujours sincère mais cela donne parfois une impression de déjà-vu.
Et surtout, je pense que le film parlera davantage aux personnes sensibles à la spiritualité ou à la religion qu'à quelqu'un comme moi. Une bonne partie du récit repose finalement sur cette idée de foi, de croyance et de transcendance. Je comprends totalement la démarche mais je dois reconnaître que cela m'a laissé un peu à distance émotionnellement.
Ce qui est d'ailleurs assez paradoxal, c'est que si ce film avait été réalisé par un cinéaste moins prestigieux, je pense qu'il aurait probablement été accueilli beaucoup plus froidement. Spielberg possède encore ce talent rare qui lui permet de sublimer un matériau finalement assez classique.
Au final, Disclosure Day est un plutôt bon Spielberg mais pas un grand Spielberg.
C'est bien joué, bien réalisé, bien raconté, mais cela manque peut-être d'une idée forte ou d'un moment véritablement marquant pour rejoindre les œuvres les plus mémorables de sa filmographie. On sent l'artisan exceptionnel derrière la caméra, mais on sent aussi un récit qui regarde davantage vers le passé que vers l'avenir.
Bref, un film solide et agréable qui se regarde sans déplaisir, mais qui ne m'a pas procuré ce sentiment d'émerveillement que j'espérais retrouver chez l'un des derniers géants du cinéma américain. Un Spielberg mineur donc, mais un Spielberg mineur reste malgré tout supérieur à énormément de productions actuelles.
A découvrir!