Disclosure Day est porté par une urgence à raconter, à transmettre un récit lancé in medias res et d’abord éparpillé, aux fractures tant narratives que visuelles ; lanceur d’alerte de l’imaginaire, criant l’urgence à retrouver la chambre d’enfant porteuse des rêves et des traumatismes (créatifs), il emprunte sa rythmique à The Post (2017), tout en en inversant la structure de façon polyphonique – puisque les deux personnages principaux demeurent étrangers l’un à l’autre ainsi qu’à eux-mêmes. Steven Spielberg commence par s’amuser de ses caricatures, de la présentatrice superficielle du bulletin météo au grand patron mystérieux qui fait des choses très très importantes dans des lieux très très secrets, en passant par sa religieuse en crise de vocation, pour mieux les dérègler de l’intérieur : le trouble issu d’un spectacle naturel, par animal interposé, contient la vibration d’une force surnaturelle tantôt éprouvée par le langage mathématique tantôt vécue par l’empathie et l’intuition. Rarement, sinon jamais le film d’aliens n’avait opté pour une forme telle, proche en cela des théories du complot étendues à une exploration de notre vérité humaine – on pense par exemple au JFK d’Oliver Stone, sorti en 1991 – et à une variation autour du blockbuster ici filtré avec audace.
Le cinéaste américain, récemment cité par le pape, proclame la nécessité d’entrelacer le fait de croire avec celui d’être cru, rapproche jusqu’à les confondre vérités scientifiques et croyances pour mieux replacer l’être humain à sa juste place dans l’univers, dans la prise en compte de la toute-puissance d’un imaginaire qu’il porte et qui le dépasse – acte de foi qu’il n’a cessé de décliner tout au long de sa magnifique filmographie.