On attendait Spielberg. On a eu un film de Spielberg en costume d'emprunt. Disclosure Day s'installe dans ses trois heures comme un invité poli qui n'ose pas déranger — et c'est précisément là que le bât blesse. Le cinéaste de Jaws et de Munich a construit sa légende sur la tension viscérale, sur ce don à serrer le ventre du spectateur sans qu'il comprenne pourquoi. Ici, cette magie est presque entièrement absente.
Le film choisit le dialogue comme champ de bataille. Les conflits sont conversationnels, les rapports de force se jouent dans les répliques, dans les silences mal choisis. En théorie, un choix courageux. En pratique, la mise en scène n'accompagne pas l'intention : le cadre devient transparent, invisible, et l'on se retrouve passager à moitié endormi, s'accrochant aux mots pour ne pas perdre le fil du sens. Une seule scène parvient à sortir de cette torpeur et à rappeler que Spielberg sait encore où poser une caméra pour que le cœur s'emballe. Une scène en trois heures.
Le film tombe par ailleurs dans la caricature là où il aurait dû oser la nuance. Les archétypes s'installent confortablement, sans surprise, sans la fissure qui rend un personnage humain. On reconnaît les figures sans jamais les rencontrer vraiment.
Reste un point lumineux, et il compte : Disclosure Day porte en lui un appel sincère à regarder plus haut, plus loin, plus profond que ce que nos sens habitués acceptent ordinairement. Une invitation à écouter avec empathie, à percevoir ce que l'on refuse de voir. C'est une intention noble, presque belle — mais une intention ne fait pas un grand film.