Film décevant (mais avec un joli final, plaidoyer pour des médias libres de toute ingérence)

Depuis quelques temps (depuis longtemps) les scénaristes de cinéma sont partis en vacances.

Spielberg se voit donc contraint de recycler la vieille histoire de l'homme de Roswell pour une rencontre du énième type.

Des extraterrestres sont chez nous depuis des années, les agences mercenaires du gouvernement nous cachent la vérité, des lanceurs d'alerte veulent "divulguer" (to disclose) cette vérité pour le bien de l'humanité toute entière, les méchants ne l'entendent pas de cette oreille, etc ...

Bref, c'est pas un scénario, c'est la bonne vieille recette pour faire du neuf avec du vieux (et Spielberg a 79 ans : l'âge de l'affaire Roswell).

L'un des scénaristes en vacances est quand même repassé en coup de vent au bureau (il avait oublié ses lunettes de soleil) et a concocté rapidos, vite fait sur un coin de bureau, un joli rôle pour Emily Blunt : miss météo devient l'ambassadrice des aliens.

Les séquences avec cette miss météo sont celles qui sauvent la séance, le reste est à mettre au panier : les trois quarts du film s'étirent poussivement sans jamais sortir le spectateur de son siège. Mr. Spielberg se montre très décevant (c'est sa faute, il avait mis la barre très haut dans le passé).

Deux idées intéressantes tout de même :

  • l'empathie - c'est la qualité première que recherche les aliens pour faire évoluer notre espèce, ils vont même booster l'empathie de miss météo à la puissance 10 et le dernier mot du film sera pour elle : "Écoutez ..." (de quoi réfléchir un peu à cette qualité qui nous fait de plus en plus défaut
  • le final - oui, le dénouement est franchement réussi et porte un message très fort : les médias d'information doivent être protégés de toute ingérence extérieure (façon Pentagone Papers), quelle qu'elle soit. Voilà un message qui résonne étrangement dans notre actualité.

L'esprit grincheux au fond de la salle (oui, encore moi) relèvera que Spielberg se garde bien de définir ce qu'est la "vérité" et tout le monde va relayer les infos "divulguées" sans prendre la peine de les vérifier.

Visiblement Speilberg s'est endormi d'un sommeil profond avant l'avènement des fake news ce qui relativise quelque peu son message un peu trop simpliste sur la liberté des médias d'information (quelle information, donc ?).

Bref, mieux vaut revoir et re-revoir Rencontre du troisième type qui avait une toute autre tenue.

BMR
6
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le 12 juin 2026

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