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le 12 juin 2026
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Disclosure Day avait tout pour être un très bon film. Un Spielberg âgé et, de ce fait, modeste car conscient que la dernière phase de sa carrière est entamée mais dont les talents de metteur en scène n'ont pas pris une ride, un John Williams à la bande originale plus discrète mais toutefois efficace qui ancre, et cela de manière positive puisqu'il faut savoir mettre fin à toute bonne chose, les temps épiques des aventures d'un Indiana Jones dans le passé et la reprise d'un des thèmes phares du réalisateur qui n'est autre que l'altérité par le prisme des aliens notamment présenté au grand public dans E.T. ou Close encounters des années plus tôt.
Néanmoins, malgré un casting d'une qualité indéniablement bonne, le film n'arrive seulement qu'à maintenir l'illusion sans aller plus loin, la faute à un scénario qui ne met absolument pas en valeur les enjeux présents dans l'idée originale de Spielberg qui n'a malheureusement pas été à l'écriture sur ce projet. Et ça se voit...
Ce qui fait d'habitude la force des films de Steven Spielberg, au delà d'une mise en scène très efficace qui parle au plus grand nombre sans faire honte à la grammaire du cinéma, ce n'est pas la profondeur philosophique qui en ressort ni l'extrême complexité des thèmes que celui aborde mais plutôt l'importance capitale donnée au enjeux traités, aussi simples soient-ils, qui va réussir à faire naître l'émotion chez le spectateur, chose pour laquelle le réalisateur est un maître incontesté.
Dans Disclosure Day, cet aspect est bâclé. Et bien que nous puissions, en tant que spectateurs, nous rabattre sur de scènes d'actions (et je reparlerai de ça plus tard) mieux réalisées les unes que les autres, dès qu'il s'agit du sujet principal, la distance émotionnelle se fait fatalement ressentir. Pourquoi Noah (méchant joué par Colin Firth qui n'a d'ailleurs pas eu la présence d'esprit de masquer son accent anglais pour plus de crédibilité au sein d'un environnement très américain) et sa compagnie Wardex veulent-ils absolument récupérer les dossiers volés par le protagoniste si ce n'est pour "cacher la vérité" sur les aliens au nom d'une excuse évoquée rapidement dans une scène, que l'on ne comprend que très vaguement (j'ai demandé à l'ami qui m'accompagnait à cette séance et il n'a pas non plus su m'expliquer la chose clairement sans avoir recours à des hypothèses) et qui rend donc la figure antagonistique clichée et utile uniquement à la structure narrative invoquée (très manichéenne par ailleurs) ?
À quel moment peut-on espérer être stimulés émotionnellement parlant quand, à la fin du film, la transmission des dossiers cachés à la télé va autant de soi et n'est absolument pas crédible puisque je doute du fait qu'une chaîne à l'autre bout du pays et dans un autre Etat accepte si facilement de diffuser le JT d'un État tout autre (d'autant plus que la raison était littéralement "arrêtez de passer votre météo, le Kansas doit vous parler des aliens svp" quand on résume bien) ?
Évoquons maintenant les scènes d'action ou du moins l'aspect "action" du film. Si la très tendue scène du train est, selon moi, la meilleure séquence du film, il faut tout de même notifier le manque de crédibilité notoire, qui ne fait que témoigner de la faiblesse relative du scénario, de certaines scènes. Je veux bien que parfois la crédibilité soit mise de côté pour servir le scénario et/ou convoquer l'aspect magique du cinéma que l'on aime tant mais le protagoniste est seul dans le champ d'une ferme, l'équipe policière qui le cherche est à approximativement à 20 mètres de lui, concentrée, le gars a 0 cachette réelle (barrières bancales qui laissent entrevoir tout ce qu'il y a derrière elles), il se rapproche d'eux sans daigner être discret et vous me dites qu'il n'y en a pas un seul qui a réussi à l'apercevoir avant qu'il réussisse à monter dans une des voitures qui se trouvaient juste à côté d'eux...
Et c'est pareil lorsque que lui et sa copine veulent s'enfuire. Je ne vais pas revenir sur le fameux topos du "coup de génie" qui survient lors d'une situation critique parce que ça serait de mauvaise foi, mais là aussi c'est juste complètement incohérent. Les deux ont la brillante idée de feindre leur mort en faisant tomber leur voiture dans le ravin qui ne leur permettait pas de s'enfuir, ont le temps de se cacher avant l'arrivée de la bande de Wardex et puis décident tout d'un coup de s'échapper dans la forêt alors que leurs ennemis sont encore là, à 10 mètres d'eux, sans aucune discrétion et sur un chemin bourré de feuilles, de cailloux et de branches sujets à les trahir en faisant du bruit mais non, ils réussissent à s'échapper tranquillement sans que leur présence soit notifiée par le craquement potentiel de quelques bouts de bois...
Ce n'était pas un moment horrible, loin de là mais je vais vite devoir aller revoir E.T. pour me convaincre que Spielberg, malgré sa maîtrise encore présente de la caméra après tout ce temps, arrive toujours à m'émouvoir...
Créée
le 30 juin 2026
Critique lue 5 fois
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