Avec Django Unchained, Quentin Tarantino s’empare du western pour livrer une œuvre à la fois explosive, maîtrisée et étrangement élégante.
Le film brille d’abord par son casting quatre étoiles : Leonardo DiCaprio incarne Calvin Candie avec une intensité glaçante, Christoph Waltz est impeccable en chasseur de primes affable, et Jamie Foxx impose une présence magnétique dans le rôle de Django, charismatique et terriblement efficace. Seul Samuel L. Jackson est un peu dans l'excès et cabotine. J’ai trouvé que le rythme du film était remarquablement tenu : chaque scène s’enchaîne avec fluidité, sans que les deux heures quarante ne paraissent pesantes. Contrairement à certains de ses autres films, Tarantino fait ici preuve d’une retenue bienvenue : les effets de style sont utilisés avec parcimonie, au service du récit, jamais pour l’écraser. Cela rend la mise en scène d’autant plus percutante.
Quelques séquences manquent cependant de finesse, à l’image de la scène des sacs, dont la blague s’étire trop longtemps. Mais ce sont des détails dans un ensemble cohérent et tendu, où l’humour noir et la brutalité se répondent avec brio.
Je recommande vivement Django Unchained, une fresque sanglante et jouissive, qui mêle vengeance et ironie avec une grande maestria.