"Dolly" est un film bien curieux mais avec cette étrange impression de regarder un slasher qui possède une personnalité incroyable... tout en oubliant régulièrement qu'il est censé me faire peur. L'histoire débute lorsqu'une jeune femme est enlevée par une créature monstrueuse convaincue qu'elle doit devenir sa propre « fille ». Gravement blessé lors de l'attaque, son compagnon se lance alors dans une recherche désespérée qui l'entraîne dans un véritable cauchemar où la frontière entre l'horreur et la folie devient de plus en plus floue. Le point de départ est suffisamment original pour susciter la curiosité, et le film assume pleinement son univers dérangeant. Ce qui m'a immédiatement séduit, c'est son esthétique. Le choix de tourner en 16 mm apporte une texture organique qui rappelle les grands survivals rugueux des années 1970. L'image est granuleuse, sale, presque poussiéreuse, et participe énormément à cette sensation de malaise permanent. La mise en scène exploite intelligemment cette identité visuelle et installe une ambiance glauque où chaque décor semble avoir été abandonné par l'humanité depuis plusieurs décennies. Sur ce point, le film possède une vraie personnalité. J'ai également trouvé que la créature avait tout le potentiel pour devenir une véritable icône de l'horreur. Son apparence, son comportement et cette idée complètement tordue de vouloir élever sa victime comme son propre enfant créent un malaise particulièrement efficace. Certaines scènes gores sont d'ailleurs réussies et ne cherchent pas à édulcorer la violence. En revanche, le film souffre d'un problème majeur : il ne fait finalement pas très peur. Malgré son atmosphère pesante, la tension retombe régulièrement et plusieurs passages manquent cruellement de suspense. Le rythme est assez inégal, alternant quelques séquences efficaces avec de longues scènes où il ne se passe finalement pas grand-chose. J'ai également eu beaucoup de mal avec plusieurs personnages, qui prennent des décisions difficilement crédibles. Et puis il y a Macy... dont l'instinct de survie semble avoir été oublié quelque part entre deux pages du scénario. À plusieurs reprises, je me suis surpris à penser qu'une huître enfermée dans un aquarium aurait probablement élaboré un meilleur plan d'évasion. Ce manque de crédibilité empêche malheureusement le film d'exploiter pleinement son excellent concept. Au final, "Dolly" reste un slasher atypique, visuellement très réussi et porté par une identité esthétique forte qui séduira les amateurs d'horreur old school. J'ai passé un moment plutôt agréable grâce à son univers malsain et à quelques séquences marquantes, mais l'absence de véritable tension et des personnages souvent agaçants l'empêchent de devenir le grand film d'horreur qu'il aurait pu être. Je le conseillerais surtout aux amateurs d'ambiances glauques et de survivals rétro... mais, si jamais un monstre décide de vous adopter, évitez peut-être de prendre Macy comme conseillère en stratégie.