Cela n'aura échappé à personne : Taylor Hackford n'est ni Brian De Palma ni John Carpenter, et cette « Dolorès Claiborne » ne rentrera clairement pas au Panthéon des adaptations de Stephen King au cinéma. Cela dit, le cinéma « classique » n'a jamais tué personne et c'est d'ailleurs loin d'être le cas ici. Certes le film se repose avant tout sur les prestations remarquables de ses deux actrices principales (Kathy Bates en tête) et sur les relations troubles entre ces deux personnages, mais en définitive, si ça tient la route? C'est le cas ici. Alors bien sur que l'on aurait aimé un peu plus d'audace, d'émotions, de puissance. Mais bon, cela reste du travail bien fait, sans réel temps mort et qui, mine de rien, réussit tout de même à ménager de manière habile son suspense jusqu'à une dernière scène (il était temps!) assez touchante car d'une sobriété exemplaire. Le spectateur exigeant trouvera peut-être cela un peu court, l'amateur de « bons films du samedi soir » s'en accommodera sans le moindre problème : à vous de voir maintenant de quelle catégorie vous sentez-vous le plus proche...