"Les Zombie De Mars" ou "Alien Version Testostérone"

Dans le genre divertissement bourrin un peu con, Doom remplit son contrat. Il fait même mieux que prévu puisque l'auteur se permet d'y critiquer les autorités militaires (on pourrait même tisser un lien entre ce film et l'invasion en Irak de 2003).

Alors évidemment ça ne fait ni dans la subtilité ni dans la dentelle; toutefois, l'action démarre lentement (mais sûrement) et la dernière demi heure du film fait place à un pur bain d'action. L'humour et le second degré sont également de mise dans ce film dont les dialogues sont plutôt sympas (pas trop de punchlines à la noix). Les scénaristes trouvent même l'occasion de ravir les fans, qui seront forcément déçus par le bavardage explicatif des personnages, en écrivant une scène en FPS. Bien sûr le genre admet certaines facilités dramaturgiques et une fausse complexité évidente (malgré tout ce qui est dit et les objectifs qui semblent changer régulièrement, l'ordre se résume toujours à ceci: butez tout ce qui bouge!). Les personnages sont hauts en couleur, le personnage de The Rock correspond bien à cette autorité aveugle qui ne remet jamais en question les ordres de ses supérieurs, ni même ses propres convictions, et c'est avec subtilité que sa destinée se laisse entrevoir, petit à petit.


La mise en scène fonctionne plutôt bien ; on aurait pu s'attendre à pire, genre des accélérés et autres effets de style inutiles ; en fait, c'est tourné à l'ancienne, la caméra est posée, et même lorsque le geste est brutal elle ne tremble pas. Le travail de lumière est sympathique à souhait mais peut être y a t il trop de scènes dans le noir ; en même temps, on sent que ça permet de mieux insérer les effets spéciaux qui du coup paraissent tous très réussis. En plus, ces derniers mélangent effets numériques, mannequins et maquillages réussis, ce qui est un plaisir pour les yeux et pour les nostalgiques des vieux films de monstres. Le décor fait honneur au jeu, c'est assez bien fichu, de même que les auteurs ont réussi à rendre reconnaissable les salles principales; du coup, malgré le déploiement des troupes, le spectateur ne se perd jamais.

J'ai pu ressentir une influence Alien au travers du métrage au travers du physique de certains monstres mais aussi dans l'ambiance confinée de la base peuplée de monstres. Le commando y fait également penser, sauf qu'il privilégie cette fois les gros muscles, les big guns et la grande gueule. Aussi, par ce côté auto dérisoire, ça m'a rappelé un peu Demolition Man (de par le travail de caméra aussi).

Pour les défauts je regretterai juste que les scènes d'action ne soient pas encore plus fun, et l'humour plus présent. La séquence en vue subjective est jubilatoire, mais manque tout de même de rythme (comme pour le générique).

Bref, Doom est un bon actioner, sincère, et réalisé sobrement, ce qui le fait surpasser de loin ses congénères sortis durant la même période et beaucoup d'autres plus tard. En plus, les scènes d'action ne reposent pas uniquement sur des effets spéciaux numériques comme beaucoup de films de monstres. A voir donc!
Fatpooper
7
Écrit par

Le 16 avril 2012

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13 commentaires

Doom
Beezell
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Fatpooper
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