Publiciste hédoniste dans le Londres des swinging 60’s, Gary est bien content de décrocher un contrat avec un gros client. Problème : quelqu’un a réussi à remplacer la photo de la mannequin prévue par celle d’une femme inconnue, que le client veut désormais à tout prix. Gary va devoir retrouver la belle, et se fera happer dans une machination inattendue.
Vendu en ligne comme un thriller, « Crossplot » est en fait dès le départ un film très léger. Entre l’ambiance du Londres de l’époque, le jeu amusé de Roger Moore, les situations burlesques, et l’humour très présent, l’ensemble tient plutôt de la comédie policière typical british.
Le hic c’est que malgré des moyens, la mise en scène peine à vraiment exploiter toutes les situations. A l’image d’une poursuite entre une voiture et un hélicoptère qui s’avèrera molle. Ou de quelques trucages qui étaient déjà moyens à l’époque, notamment ces projections en arrière-plan grossières dans la dernière séquence, pour nous faire croire que les personnages sont devant une foule ou des chevaux.
Côté scénario, c’est très hétérogène. Le point de départ avec cette histoire de photo est capillotracté. Néanmoins il y a de bonnes idées autour du personnage de Gary. Par exemple son côté fêtard qui veut éviter de se faire gauler par son patron, avec la complicité de la secrétaire (on croirait voir Bond et Moneypenny avant l’heure !). C’est vraiment amusant, dommage que ça disparaisse après le premier acte.
Sur la partie thriller, les similitudes avec Hitchcock sont troublantes. Plusieurs situations ressemblent fortement à « North by Northwest » et à « The Man Who Knew Too Much ». Tantôt c’est drôle, par exemple la séquence de l’église qui fait écho à celle de la vente aux enchères de « North by Northwest ». Tantôt ça tombe à un peu plat, et la comparaison fait mal.
A l’arrivée, « Crossplot » ressemble finalement à un long épisode d’une série TV anglaise de l’époque. Sympathique, mais un peu léger pour le cinéma.