Avant d’écrire, j’étais clairement sur le point de descendre le dernier film de Luc Besson. Et franchement, il y avait de quoi, tant les premières minutes ne pouvaient que donner de l’eau à mon moulin. Je veux bien croire que le réalisateur avait l’ambition de faire une adaptation romantique de l’œuvre de Bram Stoker, mais Francis Ford Coppola est déjà passé par là. Et avec bien plus de classe et de maîtrise ! Parce que si vous avez déjà vu le film de 1992, vous trouverez ici une version édulcorée et grotesque. Besson dit vouloir livrer sa propre version du récit, il recrache après l’avoir bien mâchouillé le titre de Coppola. Avec une envie de faire une œuvre gothique sans capter l’essence même du mouvement – décors jamais mis en valeur, costumes passe-partout, photographie sans ampleur, aucun jeu de lumière… Mais mis à part cet aspect parodie non désiré qui ressort du métrage, Luc Besson ne fait que renforcer le ridicule de son projet. Ne serait-ce que par la laideur des fonds verts, que l’on croirait générés par IA. Ou encore une direction d’acteurs aux fraises, laissant en roue libre ses interprètes. Entre un Caleb Landry Jones se croyant dans un autre film et un Christoph Waltz totalement absent, la distribution est un véritable festival ! Et quitte à pomper le film de Coppola, n’ayons pas peur de piquer ailleurs ! Car oui, ce Dracula cru 2025 se permet de piocher dans La Belle et la Bête, pour ce côté maître solitaire entouré « d’objets vivants » (des gargouilles) à son service. Jusqu’à un affrontement final qui rappelle malgré lui celui du film d’animation Disney. Le titre pioche également dans Le Parfum (livre et film), allant jusqu’à mettre en avant une intrigue de senteur parfaite et attirante. Cette dernière délivrant même une séquence à la limite de la comédie musicale. Avec, bien évidemment, un petit final au corps-à-corps comme n’importe quelle production EuropaCorp. Sans oublier l’affiche du film qui emprunte à celle du Nosferatu de Robert Eggers. Non vraiment, ce long-métrage respire le grotesque et la mauvaise blague de bout en bout, renforcés par l’apport d’un second degré inutile, venant enfoncer le dernier clou dans le cercueil. Et encore, je n’ai même pas parlé des clichés (accents surjoués) et incohérences – tout le monde parle Anglais alors que ça se passe en Roumanie et à Paris, l’exposition au Soleil qui marche une fois sur deux… - tellement il y a des choses à dire. Mais malgré tout cela, je me suis prêté au jeu lors de sa seconde partie. Quand le personnage de Dracula rencontre celui Mia (réincarnation de sa défunte épouse), le film de Besson acquiert un charme inattendu. Avec la musique de Danny Elfman et un jeu plus posé de son comédien principal, l’ensemble présente une naïveté et une grandiloquence plutôt appréciables. Pas au point de faire oublier tous les défauts du titre, qui ne font que sauter au yeux. Cependant, je me suis surpris à être captivé par la dernière moitié du film, moins guignolesque que le reste. Ce qui m’amène à dire que je n’ai finalement pas détesté ce Dracula. Pas au point de le mettre bien bas dans la filmographie de son cinéaste. Est-ce que je le reverrai pour autant ? Clairement pas !