Dracula version Luc Besson – dont il signe seul le scénario ! – n’est qu’un patchwork des précédentes adaptations touchant de près ou de loin au mythe du vampire : la sensualité et la physionomie du Coppola, les danses des Fearless Vampire Killers (Roman Polanski, 1967), la fureur belliqueuse du récent Untold (Gary Shore, 2014) au contact des gargouilles gothiques empruntées à la relecture Disney du Bossu de Notre-Dame (1996). La foire emprunte à Nightmare Alley (Guillermo del Toro, 2022). Sans oublier la patte Tim Burton portée par la partition musicale de Danny Elfman, caricature de son style, ainsi que par le flashmob lancé dans les bals rappelant le succès de la chorégraphie de Mercredi Addams. Dit autrement, le présent long-métrage n’existe qu’à l’état de synthèse d’œuvres déjà existantes ; telle l’intelligence artificielle, il produit un spectacle dynamique et convaincant à première vue mais dépourvu de la moindre personnalité. En cela, Luc Besson s’engage dans une objectivation de la figure de Dracula, soit une représentation neutre où aucune sensibilité, aucune originalité, aucune âme n’interviennent. On s’amusera des non-sens historiques et géographiques, dans la continuité des aberrations antiques amusantes d’un Gladiator II (Ridley Scott, 2024).