Vous connaissez Luc Besson ?
Avant d’être un vieux fou enchaînant les navets (Lucie, etc.), cet homme a réalisé Le Cinquième Élément, un film si bon que ma prof de français avait jugé pertinent de nous le montrer en classe.
Bref, hier soir, c’est plus par nostalgie de cette époque — celle où il n’avait pas encore été accusé de faits graves, et où j’ignorais tout de sa vie privée (premier mari de Maïwenn, etc.) — que je suis allée au cinéma. Je le regrette profondément. Luc Besson me doit donc du temps et de l’argent.
Pourquoi ?
Parce que ce film prétend raconter une histoire d’amour. Sur le papier, c’est un choix poétique, noble même. Mais le résultat est un ratage complet. D’abord, parce qu’une histoire d’amour, ça se contextualise. On ne peut pas balancer six minutes de scènes de sexe et nous dire : « Voyez, ces gens s’aiment à la folie. » Le film entier ne tourne qu’autour de ça. Besson semble convaincu que c’est ce que veulent les jeunes aujourd’hui. Tout est gênant, cringe. C’est un film fait par et pour les boomers.
Et derrière cette « histoire d’amour » que l’on ne comprend pas (pourquoi Dracula est-il fou d’Elisabetha ? Qui est-elle ? Pourquoi leur amour est-il si intense ?), se lance une grande quête : Dracula veut retrouver l’amour de sa vie.
Et là, c’est le festival du malaise. Le casting est catastrophique (par pitié, dites-moi que ce sont des nepo babies). Maria est mauvaise. Elisabeth n’est pas bien meilleure : elle ne tient pas la route. Et Dracula ? Malaisant, gênant, mauvais. Dieu merci, quelques seconds rôles sauvent un peu l’ensemble (le médecin allemand, le prêtre…).
Mais Dracula, sérieusement ? Qui lui a dit de jouer en mode sous-Johnny Depp avant la descente aux enfers ? C’est littéralement ce que j’ai entendu à la sortie de la salle — et c’est exactement ce que j’ai pensé. Dracula est cringe. Besson est cringe.
Certaines scènes frôlent le ridicule le plus total : la scène du couvent… la scène à Versailles… Et bien sûr, on sexualise toutes les femmes jeunes (parce que Dracula ne mord que des jolies filles), on les place autour d’un vieux croulant (ça va, Luc Besson ?) : le fantasme d’un mec complètement à côté de la plaque.
Et dans ce ramassis de clichés et d’effets spéciaux dignes d’un stagiaire de troisième (je n’exagère pas, je pense pouvoir faire pareil avec mon téléphone), on nous colle des gargouilles-soldats de Dracula. Climax du WTF, de la gêne, et — oh non — est-ce que je commence à avoir de la pitié pour Luc Besson ?