Bon franchement, l’idée de voir Luc Besson passer après le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola pour réadapter Dracula me laissait perplexe, mais il s’avère que je ne me rappelle vraiment que très, très peu du Coppola et que j’ai des souvenirs extrêmement flous du livre de Bram Stoker, donc je suis parti “vierge”.
Donc en ne comparant pas le film à mes quelques souvenirs et en le prenant tel qu’il est, et bien… j’ai passé un bon moment !
Le film s’ouvre sur la tragédie qui fait que Vladimir se sent rejeté par Dieu et donc le rejette à son tour… Certes, l’image, l'éclairage sont léchés mais font trop “propre”, "pub", mais les costumes, décors, mise en scène, composition des plans, le maquillage (j’ai adoré Dracula vieux), le jeu particulier de Caleb Landry Jones en jeune et vieux Dracula font que ça fonctionne.
Dans la suite de l'histoire Besson troque Londres pour Paris (ce qui est une bonne idée) ça donne une bonne identité visuelle à l’histoire.
J’ai bien aimé que l’histoire se concentre sur l’amour. Caleb Landry Jones en Dracula est totalement satisfaisant : il porte une souffrance et une bestialité très physiques. Face à lui, Zoë Bleu (Mina) n'est pas exceptionnelle mais a une présence, elle a une beauté particulière avec ses sourcils plutôt voyants, Matilda De Angelis est aussi très bien castée, elle dégage une vraie énergie, une vraie folie.
Par contre, le reste du casting est en roue libre et certains jouent carrément mal. Christoph Waltz ne semble vraiment pas très impliqué, il a ici perdu son étincelle qui faisait le charme de ses prestations…
Besson ne fait pas dans la dentelle et ose le mélange des styles, j’ai même ri devant les gargouilles et les incroyables flashmobs ! Oui, quand Dracula utilise son parfum pour manipuler tout le monde et que ça part en danse collective, on est en plein délire, mais ça m’a éclaté. J’ai trouvé les chorégraphies bonnes et les gargouilles "excellentes", c’est totalement incongru, ça peut totalement sortir du film, mais moi j’ai trouvé ces prises de risques très bienvenues. La musique de Danny Elfman est sans génie mais colle tout à fait à l’ensemble.
Malgré un passage un peu long dans Paris, je n’ai pas regardé ma montre. C’est vrai que certains moments sont rushés, j’aurais aimé une lumière plus poisseuse, plus horrifique, et quelques scènes dévoilant davantage le “monstre Dracula”. Certaines prestations de comédiens ne sont pas à la hauteur… et j'aurais d'autres griefs (Maria qui déambule dans les rues en plein jour alors que dans l'hôpital les rayons du soleil la cramaientt?) Mais il y a de la générosité et des prises de risques. Je n’ai pas cherché à comparer, je l’ai pris comme si je n’avais rien vu d’autre concernant Dracula sans prendre en compte le plagiat (coppola aurait de tout façon plagié aussi pleins de moments de Kurosawa ou d'autres films Dracula, murnau, Cocteau... le précédent) et dans ce cadre, c’est un grand spectacle amoureux assumé. J’en suis ressorti satisfait.
Tout de même hâte de me refaire le Coppola afin de raviver mes lointains souvenirs et de voir le nosferatu de Eggers.
7/10