Difficile aujourd’hui d’accueillir les nouveautés de Besson avec confiance, d’ailleurs les critiques pro ne lui font plus aucun cadeau.
Surtout parce que je ne me suis jamais remis de la débilité flamboyante de son film Lucy en 2014 avec son succès mondial qui demeure un mystère, sauf si mettre Scarlett Johansson et Morgan Freeman accompagnés d’effets spéciaux de mauvais goût dans un montage épileptique était vraiment la recette parfaite d’un shoot d’excitation universel pour le spectateur moyen.
Ce qui est dommage c’est que la multiplication de projets moyens, ruineux et bas de plafond a plutôt porté préjudice à son Valérian que je trouve injustement condamné.
Malgré un choix de casting hasardeux et quelques errements scénaristiques il se trouve que le résultat final n’était pas si mal avec une grande ambition visuelle réussie.
Bref, le début de son Dracula ne démarre pas dans les meilleures dispositions, la mise en scène manque d’ampleur avec des costumes et des décors qui font un peu cheap.
Il y a des faux raccords de lumière, le personnage du comte au début ressemble à un bouffon drogué qui terrasse ses ennemis sans aucune crédibilité.
Tout est mal cadré, trop proche des acteurs et grossier dans la mise en place.
Et puis le film nous capture dès que Dracula se pose pour raconter son histoire, l’acteur principal démontre un certain talent à se fondre dans toutes les époques afin d’illustrer son amour qui le guide et le définit dans son existence jusqu’à offrir une personnalité crédible de monstre sous le maquillage à la fois désespéré et malicieux.
Christoph Waltz réussit à tenir l’autre sous-intrigue moins passionnante mais il permet d’assembler l’autre pièce du puzzle qui boucle la malédiction avec peut-être des acteurs moins bons ou incongrus qui l’entourent.
Le film utilise bien ses décors et ses idées certes peu nombreuses (comme les créatures qui veillent sur le château) pour nous amener vers un dénouement plutôt efficace bien que limité à une dimension majoritairement romantique tous publics.
Il y avait un placement très voyant de la Tour Eiffel dans ce récit qui semble avoir été abandonné au dernier moment, puisque Besson s’est donné la peine de situer l’action précisément au moment de son inauguration à Paris mais rien ne sera exploité au final, mis à part la participation improbable de Guillaume de Tonquédec qui fait l'un des ingrédients typiquement français.
Sans être passionné ou touché par cette interprétation romantique de Dracula, il y a tout de même de belles images sublimées par le jeu convaincant de Caleb Landry Jones notamment lorsqu’il revient sans cesse sur la tombe de sa bien-aimée jusqu’à la profanation avec une représentation symbolique intéressante autour des cendres.