Le cul entre deux sièges ... baquets.

Le grand écart qu'inspire Drive à ceux qui le voient (en gros de "je veux brûler les yeux du réalisateur avec des tisons ardents" jusqu'à "ce film me rappelle mon premier orgasme'") tient en une explication finalement assez simple: imaginez Fast and Furious mis en scène par Antonioni.

Attention, je ne dis pas qu'il y a similitude entre la façon de tourner de Refn et celle d'Antonioni.
C'est une image.
En gros, scénario simpliste, mise en forme très esthétisée.
Et puis c'est même pas Fast and Furious, c'est plutôt Machete (ou le Transporter, comme le propose justement Drélium).
Remplacez mexican dans "don't mess with the wrong mexican" par "driver" et vous avez le film.

Du coup, selon qu'on est ou non sensible au scénario ou à l'esthétique, on déplace la jauge qui déterminera l'avis final.

Le scénario, donc, je n'y ai guère goûté. D'autant moins que la mise en forme renforce, par un aspect lent et réaliste (même si très stylisé), les défauts habituels dans un film de genre: l'inanité des bad guys, le côté indestructible des voitures, la stupidité subite du héros dans la dernière scène.

Reste cet esthétisme, très poussé. Discutable dans sa représentation complaisante de la violence, insupportable pour peu que vous ne goûtiez pas plus que ça, comme c'est mon cas, à l'electro-pop (ou de la néo-disco, OK Ukhbar) à arrière-goût 80's.

Malgré tout, un polar pas totalement désagréable, quelques scènes qui valent le coup d'œil, et malgré un rythme particulier, aucun ennui.

Conclusion: comme toujours, un buzz disproportionné.
(maintenant j'en conviens, je ne suis pas capable de dire quelle aurait ma réaction si j'avais dégoté ce DVD encore méconnu au fond d'un vidéo-club poussiéreux.. L'aurais-je porté aux nues ?)

Et pour en revenir à mon titre, ce film ressemble à un Burger: un aspect général plutôt appétissant, certains ingrédients goûteux, et un arrière-goût un peu écœurant.

Créée

le 17 févr. 2012

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guyness

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