Un patchwork de genres quelque peu étrange, qui nage entre le ridicule et l'expérimental, entre le grossier et la beauté. Difficile d'avoir un avis clair dessus, il y a des scènes que j'ai beaucoup aimées, notamment l'intro, qui m'a presque fait penser à celle de "Vincent doit mourir", dans une moindre mesure certes, mais j'ai bien aimé le concept. Il y a quelques beaux plans séquences, notamment celui où l'on est dans la base des dronistes, où je me serais presque cru à une attraction de Futuroscope. Cependant, le film ne fait malheureusement pas que ça, il présente aussi des situations un peu ridicules, voire invraisemblable, mais cela lui donne une petite saveur nanardesque qui n'est pas totalement de refus. Tout ça pour finir à la Gordon Freeman avec sa barre à mine (même si une autre réf ne vous aura pas échappé).
On retrouve aussi cette expérimentabilité dans la bande originale, avec Paul Sabin à la composition (qu'on a déjà entendu dans la série "Stalk", que je ne connais que pour sa musique, mais dont le titre fait étrangement penser à ce film-ci), qui réussit à retranscrire une atmosphère assez éclectique, et qui joue avec les mélodies de manière assez innovante.
Côté casting, on retrouve Marion Barbeau, qu'on a découvert dans "En corps", mais qu'on avait aussi aperçu dans le navet "Un homme en fuite" cette année. Ici, je la trouve toujours aussi envoutante, ainsi que le duo qu'elle opère avec Eugénie Derouand, assez nouvelle dans le cinéma pour le moment. On peut citer Stefan Crepon (dont je n'avais pas beaucoup aimé le rôle dans le dernier film de Cédric Kahn, qui est d'ailleurs aussi présent dans le film), qui se permettra de jouer un rôle un peu plus sombre que dans lequel je le connais, pourquoi pas.
Bref, un film étrangement construit, mais qui n'est pas dénué d'intérêt, le film se perd peut-être dans son propre récit, mais il en reste tout de même quelque chose d'assez unique et particulier. Mais un peu comme beaucoup de films de genre français, comme "Vincent doit mourir" que j'ai cité précédemment, il a vraiment ses petits éclairs de génie, mais dans un tout qui ne ressemble pas à grand-chose, même si on lui pardonnerait presque ses écarts.