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le 16 juil. 2025
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Le nouvel Ari Aster va diviser son public, un peu comme ses groupuscules de personnages extrêmes qui prêchent chacun pour leur église, s'enfermant peu à peu dans une spirale infernale de suffisance intellectuelle (les "savants-nés", ceux qui s'abreuvent de sources peu fiables qui corroborent leur seule version des choses) et d'escalade à la violence qui ne peut finir que par un drame. Bienvenue dans les États-Unis (et le monde) modernes, dont la pandémie de Covid a cristallisé le pire de cet humanité, et qui terrifie Aster plus que n'importe quel film d'horreur (pas besoin de monstre : la bêtise humaine est déjà bien flippante). Alors prenez votre ticket pour ce petit train touristique de tout ce qui ne va pas, à l'heure actuelle, des écologistes extrémistes aux climatosceptiques, des groupes violents pour la défense des minorités (avec ce jeune "blanc" qui s'interdit lui-même de participer à la manifestation pour les personnes de couleur, car "il n'a pas de légitimité au combat, il est blanc"... C'est complètement absurde, et ça souligne malheureusement le genre de discours déformé qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux) aux conservateurs intolérants, des hypocondriaques aux conspirationnistes du Covid, des accrocs aux réseaux sociaux qui filment (et sortent de leur contexte pour créer du buzz) absolument n'importe quelle phrase au vieux flic qui ne veut pas s'informer de ce qui ne concerne pas son village... Tout, vraiment tous les extrêmes actuels sont là, à s'écharper bruyamment, dressant un portrait du monde aussi inquiétant qu'il est réaliste. D'ailleurs, si l'on prend l'affiche d'origine, elle montrait trois bisons (symboles des États-Unis) dont les deux premiers (les deux partis opposés, quel que soit le sujet) sont déjà en train de chuter, et le troisième regarde les deux devant lui et entame lui aussi sa chute... Extrapolons une seconde : sommes-nous ce dernier bison, tellement grégaire (le bison est un animal aux réflexes de troupeau, comme le mouton) qu'il ne fait rien pour se sauver de cette déchéance ? N'est-ce pas un tacle de Ari Aster qui nous compare à des animaux qui meurent tous ensemble, plutôt que de réfléchir à se sauver ? Bref, le fonds du film nous a fait cogiter, inquiéter sur son réalisme (malgré une volonté de caricature, rattrapée par le quotidien...), et admirer une fois de plus le jeu transcendé de Joaquin Phoenix. A contrario, le rythme du film est très pantouflard, il met un temps considérable à atteindre l'escalade de violence, l'explosion qu'on attend tous, il adopte un ton tellement cynique qu'il pourra en agacer certains (ce n'est pas fin, ça y va avec de gros sabots dans la critique sociétale), et le casting est carrément mensonger. Ne venez pas pour voir quelqu'un d'autre que Phoenix, vous allez être déçu. Austin Butler : 30 secondes de temps d'écran. Emma Stone : 3 minutes. Pedro Pascal (qui s'en tire un peu mieux) : 10 minutes. Donc ne tenez pas compte de l'affiche qui vous vend un fantasme, seul Phoenix tient le pavé (poussiéreux du désert) durant 2h30, mais il le fait bien. Cet Eddington est nettement plus accessible que le précédent Beau is Afraid (qu'on n'apprécie pas franchement), mais vraiment moins bien écrit que Hérédité et Midsommar, sans conteste. Dans un ventre mou de la filmographie de Ari Aster, il se fait quand même sa place honnêtement, pêchant par son rythme mollasson et sa technique moins inspirée qu'auparavant, mais gagnant ses points avec sa critique ultra acerbe (car très inquiète, on le sent bien) du monde d'extrêmes opposés, sur-affirmés dans leurs opinions toutes prêtes, souvent jusqu'au ridicule, parfois jusqu'au drame. Ne faisons pas comme les bisons, soyons plus intelligents, plus bienveillants, car la chute est déjà entamée. Donc pas "bisons" : bisous.
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Créée
le 16 juil. 2025
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le 16 juil. 2025
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