Il me semble que James L. Brooks est l'un des plus digne héritier de l'esprit irrévérencieux d'Hollywood classique. Spanglish ou Pour le pire et le meilleur, et maintenant Ella MacKay ressemblent a de "petite comédies", en apparence un peu sentimentales et gnangnan. Mais le scénariste des Simpson est plus roublard, et impose une lecture empathique - l'art de se mettre à la place de l'autre dirait Hélène Frappat, qui enlèverait peut-être le mot "art".
Les dialogues fusent et sont très écrits mais passent comme une lettre à la poste du fait du talent des comédiens, et un esprit screwball souffle sur ce film qui déploie peu, mais déploie bien sa narration. Autour d'une histoire de fesse, une brigade du qu'en dira-t-on tente de torpiller la carrière d'une jeune gouverneure qui a en fait le tort d'être progressiste et d'avoir des idées. Clin d'oeil appuyé à une démocratie américaine qui se soucie davantage des punchline et du gossip que de ce qu'elle peut faire pour améliorer la vie des Américains. Quand on le voit on ne se dit pas forcément ça, mais c'est ce que ça m'inspire donc ça doit bien exister un peu.