Beaucoup touché par En Première Ligne, ce témoignage poignant d’une infirmière qui doit gérer un service en sous effectif. Je dédie quand même cette review aux services hospitaliers qui lutte chaque jour pour sauver des vies ou les améliorer le plus possible.
En Première Ligne présente des situations égrenées où les situations se multiplient et qu’on se retrouve à devoir suivre cette journée éreintante. J’ai été surpris de voir beaucoup de plans séquences réussis où l’on voit Leonie Benesch s’emparer des lieux avec une virtuosité étonnante. Ne pas comprendre les manipulations médicales n’est pas quelque chose de grave quand on voit à quel point les manipulations sont fatigantes et répétitives mais qu’elles permettent de sauver des vies. Leonie Benesch est hypnotisante car elle parvient à donner le parfait contraste entre sa méthode et ses valeurs humaines. Ces valeurs humaines parviennent à donner des moments suspendus dans le temps, des moments humains qui nous permettent de respirer un peu dans cette journée qui asphyxie tout le monde. Dans ces scènes humaines je voulais tout de même mentionné la scène avec M.Leu qui exprime sa volonté de partir de l’hôpital pour s’occuper de son chien. On renoue avec le faite qu’il ne s’agit pas seulement de patients mais de vies qui déambulent dans ce service. Des souvenirs restent en suspend et restent à tout jamais coincé dans l’étreinte de ces chambres d’hôpital. Un hôpital c’est un lieu où chaque instant revient à un moment qu’on souhaite oublier ou chérir, où on célèbre l’arrivée mais où on pleure le départ, c’est le lieu des bonheurs et des tristesses, c’est le tumulte des émotions que transmettent à merveille Leonie Benesch et le casting en général.
Je voulais tout de même aborder la réthorique du moi dans les hôpitaux. Celle qui consiste à voir l’hôpital dans son individualité alors que c’est un lieu collectif. Un hôpital est un écosystème fragile, soumise à des dynamiques internes instables et insuffisantes. Il est normal de vouloir pour soi le meilleur mais il est important d’installer l’esprit collectif que représente un hôpital. Celui où chacun doit être soigné, où l’attente devient parfois obligatoire, où il faut installer une relation de confiance et de respect envers le soignant. C’est assez fou de voir un lieu où les liens d’affections se déchirent et se créent sans cesse.
1h35 suffisent pour ressentir la fatigue d’une seule journée. Le film termine sur une scène que j’aimerais aborder quelques secondes. La scène de communion entre l’infirmière et la jeune femme décédée plus tôt est pour moi l’interprétation des cicatrices qui ne disparaissent jamais dans la vie d’une infirmière. On s’attache à des personnes, on leur parle, on créer un lien de confiance qui peut se désagréger sous le poids de la mort. Je pense que dans la vie d’un(e) infirmier/ère ou même autre métier du domaine médical, on oublie pas le visage des gens qu’on a pas pu sauver et c’est un peu cette représentation qui m’a clairement mise les larmes à la fin.