Sam est un cadre sup au chômage qui ne retrouve pas de boulot.Avec sa femme et ses deux enfants,il échoue dans un appartement minuscule d'où la famille risque d'être expulsée et vit d'expédients.Benoît Graffin,quand il n'écrit pas des conneries pour Pierre Salvadori,le fait pour ses propres films.Heureusement,il n'en a réalisé que trois en 18 ans.Ici,s'appuyant sur des dialogues totalement dépourvus d'inspiration bien que signés de Nicolas Bedos,il nous inflige une très pénible comédie pseudo acide et désespérément prévisible sur le drame du chômage et du déclassement.Sa réalisation,d'une platitude et d'une mollesse remarquables,suit laborieusement les aventures débiles de personnages stupides et déplaisants,sur fond d'apologie de la malhonnêteté.Ca se veut poético-baroque,ça ne parvient qu'à être complètement con et absolument gerbant dans l'utilisation de problèmes réels passés au tamis d'un esprit bobo qui ne peut se départir d'une trouble fascination pour le luxe et d'un arrogant mépris de classe,Graffin rejoignant en cela les idées évoquées dans "Hors de prix",un de ses scénarios précédents.Sam est donc un abruti rompu à un haut niveau de vie qui,sans se soucier de sa famille,refuse de s'abaisser à des emplois trop bas pour lui.Parce que la vie,pour les auteurs,ne se conçoit que dans le fric coulant à flot,dans une classique vision gaucho-matérialiste.Les protagonistes vont donc reconquérir de haute lutte leur statut perdu en multipliant les magouilles et en enfreignant largement la Loi,qui est faite pour ceux d'en-bas.Au fil de péripéties soporifiques charriant une morale dégueulasse,on va donc dépouiller une vieille femme,ce qui n'est pas grave puisqu'elle vient de mourir et que,chance invraisemblable,elle n'a aucune famille.Et puis c'est d'autant moins gênant que la défunte était une saloperie ambulante,car le personnage a été chargé au maximum afin d'excuser le comportement des "héros".On nous précise obligeamment qu'en plus d'être riche,blanche et âgée,ce qui est déjà condamnable en soi,elle était aussi méchante,avare,raciste et homophobe,tout ce qu'il ne faut pas être réuni en une seule personne,belle performance.Il paraitrait même qu'elle arrache les pattes des mouches en écoutant du Franck Michaël.Les acteurs cachetonnent vaguement,mais il est difficile en un tel contexte de leur reprocher leur manque d'enthousiasme.Edouard Baer,absent et fourbu,a l'air totalement déconnecté,seules la magnifique Sandrine Kiberlain,comme son personnage héroïque dans la tourmente,et la jeune Carla Besnaïnou,une intéressante révélation,sortant leur épingle du jeu.