C’est vraiment très beau. La musique, les monochromes qui viennent ponctuer les chapitres, la voix off qui pourrait être celle d’un film de Rohmer ou Varda, le portrait de la ville de Varsovie, et bien sûr la complexité des relations entre tous ces personnages.
Tout le monde gravite autour de Bethany, figure magnétique mais instable, séduisante mais jamais fiable. Ses relations semblent conditionnées par une approche très consumériste : les autres sont des consommables avec lesquels relationner dans un contexte précis, mais qui deviennent encombrants dès qu’on change d’espace-temps. Son amitié fusionnelle et ambigüe avec Nel disparaît dès qu’elle quitte la Pologne, elle passe du love-bombing au ghosting. Sa relation amoureuse avec Rob devient douloureusement négligente dès qu’ils arrivent à Varsovie.
La négligence et le manque de continuité des relations sont montrés sans détour, mais le film leur oppose des modes relationnels plus sincères et plus durables. La dernière scène au restaurant, où Nel s’excuse auprès d’Ula, vient les condenser dans une grande simplicité. Parfois ça ne tient qu’à ça d’aimer sans faire souffrir.