Le réalisateur et scénariste Zach Cregger passe cette fois sur grand écran après "Barbare" sorti directement, en France du moins, sur Disney+. Et les attentes en sont d'autant plus grandes que "Barbare" avait été une excellente surprise et que le synopsis de celui-ci annonce un thriller passionnant.
Durant la nuit, à 2h17, tous les enfants d'une même classe disparaissent sans laisser de traces. Seul un reste présent mais l'institutrice, qui devient d'ailleurs le bouc émissaire des parents, y décèle un comportement un peu étrange.
Alors encore une fois, le réalisateur surprend son spectateur. C'est-à-dire que, comme pour "Barbare", je m'attendais à quelque-chose qui n'a finalement rien à voir avec le produit final. Alors je ne vous cache pas que ça m'a un peu déconcerté, voire même déçu par instants car je m'attendais tout simplement à un thriller pur et dur, à une enquête passionnée et passionnante coupant le souffle du spectateur.
Au lieu de ça, nous avons un film divisé en plusieurs chapitres qui sont les points de vue des divers personnages que l'on rencontrera au cours de l'intrigue. Pour ce que le réalisateur veut raconter, c'est une narration particulièrement efficace qui permet de découper l'intrigue sous la forme d'un puzzle donc chaque chapitre en est une pièce. Mais c'est au début un peu déconcertant car on s'intéresse alors à des personnages ou même des situations dont on pense se foutre car plus le film avance, plus on s'éloigne finalement du problème principal : les gamins disparus. Sauf que tout cela se recoupe parfaitement dans la dernière partie du film qui se lâche d'ailleurs complètement laissant place à un gros délire auquel on peut comme ne pas du tout adhérer.
On a de plus un petit ton comique, notamment dans les segments du policier et du drogué, qui permettent à l'intrigue de respirer tout en permettant de recouper ces points de vue aux autres. En réalité, le réalisateur nous fait passer par bon nombre d'émotions différentes, du rire au dégoût, de la haine à la compassion, le tout dans un thriller qui se sert de quelques codes horrifiques sans être outrancier, qui s'intéresse autant à l'aspect fantastique un peu what the fuck de son histoire que des névroses de la petite banlieue pavillonnaire qu'il observe et met en scène.
Ainsi "Évanouis" est un film bien plus riche qu'on ne pourrai le penser, un espèce de thriller au style A24 qui déconcerte autant qu'il ne fascine.