C'est pas facile d'écrire une bonne critique. Des bonnes critiques j'en ai lu beaucoup sur ce site, mais moi, je n'ai jamais vraiment réussi à m'exprimer comme je le voudrais sur une œuvre, quelle qu'elle soit. Jusqu'à présent j'avais surtout utilisé cette possibilité merveilleuse de donner mon avis comme un défouloir contre les films qui m'avait totalement déplu, pire...totalement déçu. Bien sûr mon parcours de spectateur n'est pas fait que de frustrations, mais j'ai toujours eu de la peine à partager mes joies cinématographiques... Qui sont, fort heureusement, très nombreuses.
Alors je me suis demandé : "Qu'est-ce qui fait que j'aime un film ? Quand un film me plaît par où commencer pour en parler? Étant donné que la critique est un exercice périlleux, quelle est ma limite ?..." Bref tout un tas de questions hyper importantes pour moi et dont les réponses me sont pas encore totalement apparues. Mais alors c'est quoi le rapport avec "Weapons" (évanouis en français). Et bien c'est en sortant de ce film que j'ai commencé à trouver des réponses...
Je n'ai pas une capacité d'analyse très poussée, mais en sortant du cinéma j'ai souvent une impression de légèreté, de plénitude qui m'envahit. Je ne me l'explique pas, je dirais en substance que certaines œuvres ont la capacité de toucher mon âme et d'autre pas... Ouais je sais ça a l'air un peu con con comme ça, mais quand on a pas une grande capacité d'analyse on fait ce qu'on peut !
J'ai eu cette impression, très forte en sortant de "Weapons". Je me sentais hyper léger et tout à la fois rassasié... Comme si j'avais mangé un plat merveilleusement équilibré et parfaitement digeste servi avec générosité sur une très belle porcelaine. Sans compter que j'ai vu le film dans ma petite salle préférée, oui celle avec les grands sièges en gros cuir rabattable et la petite tablette pour poser la boisson. Ils font des séances à 23h15 pour les films un peu sombre... Quelle bonne idée. Les films d'horreur c'est bien meilleur la nuit et puis quand tu sors du cinéma à 2h(17) du matin, ce n'est pas la même ambiance. Surtout quand on sort de ma petite salle préférée, c'est un vieux cinéma des années 70 qui a été complètement restauré pour donner au spectateur la meilleure projection possible. Il a gardé cette très belle devanture avec une demi-rotonde éclairée par des néons roses et jaunes, qui cette nuit-là, se reflétait sur l'asphalte encore trempée de pluie... C'est peut-être ça aussi qui crée la magie des films.
... J'ai remonté le col de ma veste, et je me suis moi aussi évanoui dans la nuit , un petit sourire aux lèvres, gagné par une profonde sensation de plénitude en repensant à l' interprétation haute en couleur d'Amy Madigan dans le rôle de Gladys...