Un film de science-fiction en phase avec l’air du temps où les questionnements sur l’intelligence artificielle se font toujours plus pressants et nombreux. La réussite de ce Kammerspiel cybernétique et transhumaniste tient pour beaucoup dans le jeu des trois comédiens. Face à un Domnhall Gleeson pâle et insignifiant à souhait, le génial et méconnaissable Oscar Isaac incarne un guru de l’algorythme au crâne rasé et à la barbe fournie, un condensé de Larry Page (le fondateur de Google) et de Pygmalion mâtiné de Frankenstein ou de Dr No. Quant à Alicia Wikander, elle est particulièrement troublante dans ce rôle de robot aux formes avantageuses qui découvre sa féminité tout en prenant conscience de sa condition d’esclave numérique. Un scénario habilement ficelé et une mise en scène d’une parfaite sobriété font de cette fable pas si futuriste que ça un spectacle à la fois divertissant et porteur d’interrogations morales et philosophiques fort bien posées.