Si c'est un polar italien de 1969, et si il est réalisé par un Romolo Guerrieri qui (comme son frère Marino Girolami ou son neveu Enzo Castellari) a oeuvré dans à peu près tous les genres du cinéma d'exploitation spaghetti, il a moins à voir avec le giallo ou le poliziottesco qu'avec le film noir hollywoodien à l'ancienne : Un enquêteur privé, malin et avec le coup de poing facile, qui devance la police sur une affaire particulièrement tortueuse. Sauf qu'on a Franco Nero à la place d'Humphrey Bogart et une Rome hivernale en lieu et place d'une mégapole américaine.
Cependant, le film fait le lien entre le Film Noir et le poliziottesco sur ce que les genres ont en commun en terme de fond. Car les deux traitent, au travers de leurs intrigues, de la noirceur de l'âme humaine, du cynisme et de l'immoralité se cachant souvent sous des airs de bonne société. Et ça, c'est tout le fond d'Exécutions. Parce que le personnage de Franco Nero est un flic pourri, qui voit dans cette affaire le moyen de faire de l'extorsion et du chantage, qui menace et tabasse à qui mieux-mieux, et qui ne fait, en fait, qu'être au diapason de ceux sur qui il enquête, faune de fils à papa jouant les marloux, de magouilleurs, de richards guère meilleurs, de filles à la morale légère et de mecs profitant d'elles.
Donc oui, on est déjà dans la misanthropie du poliziottesco, et c'est ça, en plus d'un dynamique de montage assez ludique, qui sort ce film du tout-venant.