Exit 8
6.1
Exit 8

Film de Genki Kawamura (2025)

Comme quoi, les meilleurs films de genre sont souvent ceux au concept le plus simple !

Pour son troisième film (après le court-métrage Duality en 2018 et le long-métrage N’oublie pas les fleurs en 2022, tous deux des drames), le réalisateur japonais Genki Kawamura opère un sacré virage en s’attaquant à l’adaptation d’un jeu vidéo, Exit 8, un jeu d’épouvante/réflexion sorti récemment en 2023.

Je n’ai pas joué au jeu, mais je dois dire que cette version en film est assez plaisante et ludique car elle invite le spectateur à être partie prenante de l’intrigue, à être actif et à jouer avec le protagoniste. Le concept est simple : un homme est coincé dans une station de métro et cherche la sortie. Le voilà bloqué dans un couloir en coude, sans fin. Le couloir est presque vide, il compte un fléchage « Sortie 8 », une série d’affiches publicitaires, 3 portes, 2 aérations, un homme d’affaire pressé, des casiers lockers, un photomaton et des détritus. Pas de réseau, mais des phénomènes étranges. Une boucle spatiale, à défaut d’être temporelle.

Au mur figurent les règles du jeu : si le couloir ne présente pas d’anomalie, il faut continuer tout droit. Si au contraire on rencontre une bizarrerie ou une invraisemblance, il faut faire demi-tour et revenir sur ses pas. Dans le coude du couloir, une pancarte indique le « niveau » du jeu, qui s’incrémente en cas de choix judicieux du personnage, et retombe à zéro s’il s’est trompé. L’objectif pour sortir est d’atteindre le niveau 8, la fameuse « Exit 8 ».

Parfois les irrégularités apparaissent comme le nez au milieu de la figure – frôlant parfois délicieusement l’horreur -, mais parfois il faut l’œil attentif du spectateur pour distinguer un dérèglement (une poignée de porte mal placée, un 8 (symbole bien sûr de l’infini) à l’envers… Autant de détails qui pimentent le film et tiennent le public en alerte.

Côté bande son, le film s’ouvre et se ferme sur le Boléro de Ravel. Au-delà du fait qu’il s’agit du thème le plus jouée au monde, ce choix musical fait sens : le morceau est en effet constitué d’une seule et unique boucle, auxquels on ajoute un nouvel instrument à chaque nouvelle répétition. Un parallèle évident avec notre petit jeu !

Je dois avouer que j’ai été moins fan de l’introduction, ce plan séquence dans la station de métro en caméra subjective qui nous donne un premier aperçu de notre « homme perdu ». Cette ouverture, bien qu’elle donne un semblant de background au personnage principal, est assez poussive.

Avec cinq acteurs (mention spéciale à « l’homme qui marche » interprété par Yamato Kôchi, qui n’est pas le personnage principal mais qui est judicieusement représenté sur l’affiche, au sourire mécanique flippant tout droit sorti de Smile) et un lieu de tournage en quasi-huis clos (c’est le département déco qui a dû être ravi !), voilà un petit film qui n’a pas dû couter cher !

Exit 8 mérite qu’on s’y attarde, on lui souhaite une belle carrière en salle ! Celle-ci semble bien lancée grâce à sa présentation cette année à Cannes en Séance de Minuit, une vitrine particulièrement courtisée pour le cinéma de genre.

Créée

le 8 sept. 2025

Critique lue 198 fois

D. Styx

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