Exit 8
6.1
Exit 8

Film de Genki Kawamura (2025)

Exit 8 est un espace qui interroge, un défi pour les nerfs, lorsque la sortie se dévoile et que l’espoir se referme, un petit jeu cruel.

Les signes du réel, ou bien d’une illusion… il faut choisir pour espérer sortir, alors que chaque grondement sourd annonce l’arrivée de l’homme qui marche (Yamato Kôchi). Des pas qui s’en relâchent, se répètent et nous rapprochent d’une boucle sonore obsédante.


Dans ce bon film de Genki Kawamura, l’expérience dépasse le simple jeu d’images, ces règles et son adaptation réussie au cinéma. Elle explore les tourments de l’esprit, ces cauchemars, dans le labyrinthe intérieur de l’homme perdu (Kazunari Ninomiya).

Une mécanique infernale où chaque choix, chaque erreur le ramène à lui-même, à sa propre trajectoire.


Et puis ce gamin (Naro Asanuma), fragile lueur au bout du chemin, qu’il faut protéger comme un père veillerait sur son fils. Tandis que ce téléphone sonne, qui insiste, lui qui ne cherche qu’à l’oublier. Perdue quelque part, au bout de ce tunnel, une voix, celle de sa copine (Nana Komatsu), à présent qu’il suffoque sans cesse à tourner en rond, prisonnier de cette question sans réponse, dans ce décor quasi immobile, semblable à des figures toujours identiques.

Et pourtant c’est dans ce métro, théâtre de ses hésitations en mouvement, qu’il devra à chaque passage déchiffrer les anomalies… ou bien zéro, tout recommencer, pour enfin espérer trouver cette foutue sortie.


Un jeu qui devient souffle et tension. Une promesse, une déception à chaque issue.

L’obsession de cette silhouette spectrale, qui effraie et nous suit quand elle sourit, rappelle qu’on peut se perdre dans son éternelle errance. Avancer sans jamais s’engager, jusqu’à en égarer la raison.


L’étrangeté devient de plus en plus sombre. Il faut s’accrocher, ne jamais cracker, tel une métaphore de l’existence, où parfois l’on avance en croyant revenir au même point, sans savoir si l’on rejoue le passé, ou une scène du futur qui frôle le mystère et l’angoisse.


Au fond, trouver la sortie n°8, pour l’homme perdu, n’est pas seulement fuir ces profondeurs obscures, mais aussi accepter d’entrer dans sa propre réalité, l’appel d'un destin, malgré la démarche hésitante, malgré la peur de ne pas être à la hauteur.

Le reflet d'une société japonaise moderne, avec ses espaces anonymes, ses pressions sociales, et ses pièges invisibles.


Une leçon de courage dans l’inattendu permanent de ce monde.

Rolex53
7
Écrit par

Créée

le 3 sept. 2025

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John Rolex

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42
2

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