Exit 8
6.2
Exit 8

Film de Genki Kawamura (2025)

On démarre par une intro en vue subjective qui drague sans vergogne le public venu par l’intermédiaire du jeu et manque ainsi cruellement de naturel, mais limite sciemment le champ de vision, par ailleurs largement obstrué par l’écran du téléphone portable tenu par le protagoniste, créant ainsi une angoisse bienvenue. Mais le procédé disparaît dès lors que les règles de la boucle ont été comprises par le personnage, et donc le spectateur.


L’intérêt reste limité pour celles et ceux qui auront déjà parcouru ce couloir manette en main, car il est strictement identique, et les anomalies rencontrées sont exactement les mêmes. La transposition est donc littérale. Ce n’est pas dommageable en soi, mais on peut regretter que le ludisme ne soit pas lui aussi retranscrit si ce n’est pour l’unique fois où le spectateur peut détecter ce qui cloche sans que le personnage ne le fasse (les plafonniers de guingois). Cette occurrence singulière où l’on a l’impression de regarder un Let’s Play dans lequel on souhaiterait backseat, recréant un temps une forme de participation active. Il y a là une occasion manquée de faire du médium cinéma un lieu de pur jeu pour l’audience, mêlant un peu les frontières entre les jeux vidéo et le septième art qui vient soustraire l’interactivité dans l’adaptation.


Passé le dérangement initial cet horreur des espaces liminaux, particulièrement en vogue sur le web et dont le passage sur grand écran des Backrooms cette année peut aussi bien passer que casser, on peine à ressentir la moindre angoisse tant le personnage n’est jamais mis en danger (même par asthme finalement inutile), d’autant plus que celui-ci ne semble jamais plus inquiet que ça.


Il y a tout de même un renouvellement de l’intérêt par le changement de protagoniste, mais ce n’est qu’un sursaut dans un récit qui peine à tenir l’heure et demie (ma run sur le jeu avait duré moins longtemps, c’est dire). D’autant plus que la surcouche sur la parentalité est assez lourde dans ce qu’elle tente de dire : faire les cent pas, se faire des nœuds au cerveau, pour finalement faire un choix n’en est pas un car de toute évidence il faut faire des gosses, même avec son ex… Bof bof…


Et c’est finalement le constat final que j’aurais sur Exit 8 : bof bof. Ce n’est pas vilain, mais ça ne se justifie pas en tant que film alors même que le jeu coûte 4€ sur toutes les plateformes, tourne sur toutes les machines, et propose une expérience plus complète sur une durée plus concise qui se passe de remplissage thématique superflu pour laisser le joueur combler les vides.


Créée

le 18 mars 2026

Critique lue 12 fois

Frakkazak

Écrit par

Critique lue 12 fois

1
3

D'autres avis sur Exit 8

Exit 8

Exit 8

8

Behind_the_Mask

1476 critiques

Par ici la sortie ?

Juste après En Boucle et sa... boucle temporelle aux allures un brin feelgood, voici venir Exit 8 proposant quant à lui, a priori, une infernale boucle spatiale.Si ça, ce n'est pas une...

le 4 sept. 2025

Exit 8

Exit 8

6

Sergent_Pepper

3176 critiques

Métro, boulot, métro.

L’adaptation d’un jeu vidéo au cinéma est toujours un défi : si l’idée de départ est généralement séduisante, il s’agit de tenir sur la longueur et d’assurer la transition entre l’univers maîtrisé...

le 5 sept. 2025

Exit 8

Exit 8

7

D-Styx

268 critiques

Level up !

Comme quoi, les meilleurs films de genre sont souvent ceux au concept le plus simple ! Pour son troisième film (après le court-métrage Duality en 2018 et le long-métrage N’oublie pas les fleurs en...

le 8 sept. 2025

Du même critique

Hollow Knight

Hollow Knight

10

Frakkazak

831 critiques

Waky Hollow : La légende du scarabée sans âme

J'avais commencé une partie en début d'année, et avait lâché l'affaire par frustration, ayant perdu tous mes geos dans une zone que je trouvais imbuvable (Soul Sanctum) après 3-4h de jeu. Mais devant...

le 15 oct. 2019

Captain America: Brave New World

Captain America: Brave New World

2

Frakkazak

831 critiques

Mou, Moche et Puant

Il était couru d’avance que Brave New World serait une daube. De par la superhero fatigue qu’a instauré la firme de Mickey par l’amoncellement de produits formaté sur les dix-sept dernières années...

le 10 mars 2025

Assassin's Creed: Mirage

Assassin's Creed: Mirage

4

Frakkazak

831 critiques

Mi-rage, mi-désespoir, pleine vieillesse et ennui

Alors qu’à chaque nouvelle itération de la formule qui trône comme l’une des plus rentables pour la firme française depuis déjà quinze ans (c’est même rappelé en lançant le jeu, Ubisoft se la jouant...

le 10 oct. 2023