Des ouvriers énervés et désespérés séquestrent le patron dans son usine, manu militari… alors qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?… eh bien, un peu tout… car sachant que ça se passe en Russie, celle du Tsar Poutine 1er, tout peut arriver, y compris le pire !
Thriller d’une remarquable efficacité (quasiment un huis-clos d’ailleurs) mais aussi film social et film politique sur la corruption généralisée qui ronge le pays, Factory impressionne d’emblée et ne fait que confirmer jusqu’à la fin son grand talent. Il dénonce, fustige et s’interroge avec intelligence mais n’ennuie jamais le spectateur (tout le contraire d’un film français en somme !).
Ses retournements de situation auraient pu être mieux amenés, cela dit, alors que le fatalisme (spécialité du peuple russe depuis des centaines d’années) peut nous sembler quasiment nihiliste, voire difficilement compréhensible... Mais l’effet produit n’en reste pas moins étonnant et profondément humain, évitant même un manichéisme excessif, qui plus est.
Les acteurs sont excellents et la réalisation reste soignée pour ce qui n’est qu’un petit budget en fait mais si percutant et audacieux (et même drôle à un moment donné, si, si) qu’on en reste encore ébranlé. Et tout à fait ébloui, sidéré par un état-mafia déliquescent, pourri jusqu’à l’os !