Peu de films arrivent autant à transcrire le sentiment amoureux. Au coup de foudre dans A Star is Born, à l'amour d'une vie dans La La Land doit maintenant se rajouter l'amour adulescent de Falcon Lake dans ma filmographie.
C'est encore plus étonnant (c'était déjà le cas pour Bradley Cooper) pour une première réalisation, encore plus étonnant que ce soit Charlotte Le Bon derrière la caméra, et encore plus remarquable parce que les deux acteurs ont moins de 18 ans et étrennent pour leurs premières minutes devant la caméra deux rôles qui portent un film.
Leurs prestations sont vraiment incroyables, chacun dans leur registre, et si le scénario en fait des personnages du début du siècle, un peu éloigné des revendications sociales et identitaires des ados modernes, ce n'est pas pour me déplaire : l'identification n'en fonctionne que mieux pour les natifs des années 80-90.
Les adultes sont finalement très effacés de cette histoire éthérée qui est autant un rêve qu'un drame, ce qui permet de ce concentrer encore plus sur cette douceur juvénile qu'on ne ressent qu'à cette époque et après laquelle on court parfois toute sa vie. Une seule thématique + une durée étonnante en 2023 mais très adaptée (1h40) et un rythme qui permet de parfaitement rentrer dans le récit.
La mélancolie en fond m'a rappelé le premier film de Ryan Gosling (décidément), Lost River, plus ambitieux mais qui lui, montre un peu plus les errances des débuts. Il y a un autre point commun entre les deux films (à part la nationalité canadienne de leurs deux réalisateurs), c'est le genre horrifique qui sous tend les films. Dans Falcon Lake, la thématique du fantôme, qui est filée tout du long sans qu'on comprenne la signification réelle ajoute à la mélancolie du film, et à la dimension fantasmagorique. C'est difficile à croire, mais même si j'ai adoré le film de Gosling, celui de Charlotte Le Bon est encore plus maitrisé. C'est peut être l'accent canadien (parfois sexy, souvent humoristique) de son personnage féminin qui rajoute un vrai plus ?