J’avais dix ans, je jouais avec ma petite sœur sur la plage de Capbreton. Nous disposions de pelles et de seaux, de personnages articulés (Playmobile), d’une vingtaine de voitures, camions, hélicoptères et avions de (Majorette, Norev ou Dinky Toys). Nous jouions à la Grande Course, une compétition où tout était permis. Il faisait beau. Le temps s’était arrêté et le monde était à nous. Ma sœur avait érigé une haute muraille de sable autour de son camp retranché, elle disposait des pelles et des bulldozers. J’étais bloqué à l’extérieur. Elle refusait l’affrontement. Je trépignais et décidais que mes voitures de sport seraient larguées par mon avion à l’intérieur de son château.
- Tu n’as pas le droit, les voitures ne volent pas.
- Non, mais mon avion oui.
- Il ne peut pas les déposer, il n’y a pas de piste.
- Elles sautent en parachute !
- Ce n’est pas possible.
- On dirait que si !
Déjà, j’embarquais son héros principal avec ma Ford Capri jaune, ma voiture favorite. Or, ma sœur disposait d’un redoutable hélicoptère militaire, qui approchait à vive allure.
- Mon camion rouge a démoli ton hélicoptère !
- Ce n’est pas possible, il vole, lui.
- Mon ambulance aussi, elle a pris un élan suffisant !
- Tu triches !
Mauvaise joueuse, elle commençait à chouiner. Je devais en terminer rapidement avant l’intervention des parents. The Rock, mon héros, poursuivait le sien et l’avait rattrapé au commet de son plus haut donjon. Hélas, un geste maladroit de ma part le fit chuter. Elle triomphait !
- Il est blessé, il est tombé du cinquième étage, laisse-le, je vais le soigner.
Il y avait toujours une infirmière chez ma trop sensible sœur.
- Pas nécessaire, il a juste mal à l’épaule gauche. The Rock, il est très solide.
- C’est impossible. Je ne joue plus avec toi !
Je finissais seul, ma sœur ne comprenait rien à rien.


Souvenirs lointains, certes, mais qui m’ont permis d’apprécier à sa juste valeur le scénario de ce Fast and Furious ! Un film pour enfants, écrit par de tout petits enfants.


Penser que ce film puisse être le quatrième succès au box-office mondial, derrière Avatar, Titanic et Jurassic World (1 520 593 707 $ au 1er juin 2015) me laisse pantois.


Novembre 2017

Step de Boisse

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