La patronne d'une firme automobile doit faire face aux difficultés que rencontre l'industrie,mais qu'elle gère d'une main de fer, ainsi que sa vie privée qui compte des tas de conquêtes. Car elle garde la main, et ne souhaite pas que ça change ; le mariage et les enfants, très peu pour elle. Jusqu'à ce qu'elle rencontre un ingénieur automobile qui pourrait la faire vaciller...
Soyons francs : bien que le film soit très court, moins d'une heure, j'ai bien cru voir un chef d'oeuvre. Aussi bien dans la côté progressiste que dans le portrait de cette femme admirablement incarnée par Ruth Chatterton, qui ne s'en laisse démordre par personne, et surtout pas les hommes. D'ailleurs, elle fait quelque chose d'incroyable pour l'époque ; elle choisit en quelque sorte sa conquête d'un soir, la ramène chez elle, et on comprend très bien qu'elle va coucher avec cet homme avec des gestes sans équivoque, qui en ressortira lessivé alors qu'elle pète la forme au lever. Et elle va en profiter pour faire muter cette personne, qui travaille dans son entreprise. Il faut dire aussi qu'en 1933, bien rares étaient les femmes qui dirigeaient des entreprises, ce qui a valu bien des suées aux spectateurs de l'époque.
Mais, à côté de ce portrait dithyrambique, il y a malheureusement les dernières minutes qui fichent tout en l'air, comme si le film n'assumait pas jusqu'au bout le portrait de cette battante, qui va être ramenée au fait qu'elle soit une femme, et donc doit. Vraiment dommage, car les 90 % de Female sont une grande réussite. Il est à noter que le film a tout de même trois réalisateurs, et non des moindres ; William Wellman , qui a remplacé William Dieterle au début du tournage alors qu'il fut malade, et Michael Curtiz qui a signé de nouvelles scènes avec le premier amant de Ruth Chatterton... et c'est ce dernier qui sera seulement crédité au générique !