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le 24 janv. 2020
SuivreL'Homme des bars
En intitulant son film Fièvre, Louis Delluc fait d’emblée planer sur ses personnages le spectre de la fatalité et de la douleur, ce même spectre qui contamine les corps à mesure qu’ils s’imbibent...
La principale qualité de <i>Fièvre</i>, le film le plus célèbre de Louis Delluc, se loge au dernier endroit où on l’attendrait pour un film d’avant-garde : dans sa sobriété. Celle d’une épure toute théâtrale, offrant d’élégants cadres où les comédiens au jeu lent, droits et dignes, ont la place et le temps de respirer. C’est qu’ils n’ont pas grand-chose à jouer de plus, dans ce récit avant tout marqué par une logique de démonstration mathématique et symbolique (voir à ce titre la toute fin, misérable), qui consiste à observer la “réaction chimique” transformant un morne décor de bar d’habitués en scène de meurtre. Cette montée de tension n’est pas l’affaire d’une progression de l’intensité dramatique : la narration reste pauvre et souffreteuse, comme en atteste ces cartons multipliés jusqu’au ridicule (chaque petit figurant inutile aura droit à son nom de scène), ou encore ces multiples inserts du port qui ne parviennent pas à leur fin, quel que soit le but recherché. La “fièvre” du titre est surtout affaire de saturation progressive du cadre disponible, d’une multiplication de figurants, qui achèvent de donner au film des habits de démonstration élégante mais un peu vaine – on se sera au final tout de même beaucoup ennuyé.
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Créée
le 11 août 2026
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le 24 janv. 2020
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