J'ai trouvé, au départ, le film trop long..
Ensuite, je me suis interrrogée tout du long, sur ce que le réalisateur a voulu nous dire.
Il y est question d'une rencontre entre deux familles en Norvège, les deux adolescentes vont se lier d'amitié profonde.
La famille Gheorghiu, très pieuse, roumano-norvégienne, s'installe dans un village au bout d'un Fjord et se lie d'amitié avec la famille Halberg.
Puis un évènement complètement inattendu survient: L'aide à l'enfance retire très vite et brutalement les enfants à la famille Gheorghiu, Mihai le père et Lisbet, la mère. Cela commence par le placement, sans crier gare, des deux ados (le frère, Emmanuel et la soeur, Elia, laquelle a des traces de coups? sur l'épaule et au bras.
L'on nous montre ces ados pratiquer des sports de combat assez violent.
Et il est décrété que ces traces ne proviennent que des parents, lesquels ont une éducation rigoriste à l'égard de leurs 5 enfants.
Par la suite, les deux plus jeunes seront eux aussi placés dans une autre famille d'accueil temporaire, différente de celle où se trouvent les deux aînés (fille et garçon).
Le bébé, en cours d'allaitement, est litttéralement arraché à sa mère, laquelle, devra envoyer son lait, tenant à continuer à le nourrir de lait maternel (le père donne son accord également)et placé dans une troisième famille.
Les deux aînés Gheorghiu (Emmanuel et Elia), ont semble-t-il répété à l'école que leurs parents leur infligeaient des sévices corporels (fessées, coups), leur imposaient la prière chaque soir, et de lire régulièrement la Bible.
Dans un pays libéral et progressiste, ça ne passe pas très bien..
La famille Halberg, le père Mats, directeur d'école et Mia, avocate, ayant sympathisé avec cette famille à "problème" va continuer à les soutenir, envers et contre tous, d'autant que leur adolescente, Noora, (laquelle se scarifie et a donc aussi des problèmes) s'est liée d'amitié profonde avec la fille Elia ado de l'autre famille.
La mère-amie (famille Halberg), avocate, suppliée par Lisbet, accepte de défendre cette mère, au demeurant, très "passive", peu dans la défensive, puisqu'elle et son mari avouent pratiquer le châtiment corporel et une certaine rigueur religieuse au sein de leur famille. Mais l'on n'en sait trop peu.
S'agit-il de châtiment corporel au long cours ou de temps à autres (sachant que ça reste intolérable).
Ces parents ne se défendent pas et semblent presque accepter leur sort, ce qui m'a sérieusement interpellée..
Lors du procès, l'avocat de la Défense (amie récente de la famille) a bien du mal de se faire entendre face à l'aide à l'enfance et à l'avocat remonté comme une pendule contre cette famille..Il n'est absolument pas impartial.
Les enfants, du moins les aînés, n'ont qu'un désir, rentrer chez eux..
Plusieurs questions se posent : s'ils subissent réellement du châtiment corporel, pourquoi désirent-ils réintégrer la cellule familiale (sont-ils endoctrinés?).
Ils sont privés de jeux/internet, de Youtube, d'ouverture sur un "monde libéral".
Est-ce un Bien ou un Mal, semble nous poser la question, le réalisateur Cristian Mungiu?
L'amitié entre les deux filles est mise à mal. Elles sont oblligées de se cacher pour se voir, le soir, lorsqu'il n'est pas encore très tard (saut par la fenêtre du 1er et se retrouvent dans le jardin).
Le père, Mihai, use de publications sur le net? pour obtenir le soutien de sa communauté, parce que sa femme est restée tellement "passive", semblant tout accepter..ou ahurie, ne sachant pas quoi faire, absorbée par sa séparation déchirante avec ses enfants, certaine d'avoir plus ou moins tout fait pour leur donner la meilleure éducation possible, selon elle et son mari.
Toutes les questions resteront en suspens.
Le final est déchirant.
"Partir, c'est mourir un peu", sans aucun doute.
J'ai regretté de ne pas assez voir de paysages magnifiques, hormis, la neige et quelques plans sur les pentes enneigées, le lac...Le tournage a pourtant eu lieu en Norvège.
À mon humble avis et surtout après avoir lu ce qu'a écrit le réalisateur (affiché dans mon ciné-une seule page courte), pose le débat de nos sociétés ultra-permissives et libérales/aux sociétés et/ou communautés conservatrices.
Selon lui, lesquelles auraient plus le droit d'exister?
Film âpre, revêche, trop long, laissant un sentiment particulier de bout en bout.
L'on est loin du film, vu, il y a un moment, en n et b, dans lequel, les enfants sont vraiment maltraités, subissant des sévisses et devant faire des corvées, obéissance cruelle à l'appui..J'ai(re)trouvé son titre: "Le ruban blanc" sorti en 2009.
J'ai hésité entre 7 et 8, comme on ne peut pas mettre 7,5*, j'ai opté pour 8*
Cristian Mungiu ne fait pas dans la dentelle "R.M.N", "4 mois, 3 semaines, 2 jours..." (palme d'or 2005 à vérifier). Son cinéma est dur.
J'ai classé "Fjord" dans ma liste "Religion, Dieu, Intégrisme..." mais j'hésite à le classer dans ma liste "L'enfance en danger"...
Basé sur l'affaire Bodnariu en 2015 en Norvège, laquelle fit scandale.
L'affaire Bodnariu en 2015 désigne le placement d'urgence des cinq enfants d'un couple roumano-norvégien par les services sociaux de la protection de l'enfance en Norvège, le Barnevernet.
Les faits de départ
Le signalement : En novembre 2015, l'école de deux des enfants signale des suspicions de châtiments corporels subis à la maison.
Le placement : Les services sociaux décident de retirer en urgence les cinq enfants de la famille et de les séparer dans des familles d'accueil.
Les motifs : Les parents, Marius et Ruth Bodnariu, sont soupçonnés de violences éducatives ordinaires, comme des fessées.
La polémique internationale
La dimension religieuse : La famille est de confession pentecôtiste.
Des proches et des associations estiment que les enfants leur sont retirés à cause de leurs convictions chrétiennes.
La mobilisation : De nombreuses manifestations de protestation sont organisées en Roumanie et dans le monde pour réclamer le retour des enfants.
En 2015, une affaire a secoué la Norvège lorsqu'une famille mixte (roumaine et norvégienne) s'est fait retirer ses enfants par les services sociaux locaux (Barnevernet) après des soupçons de maltraitance liés à une éducation rigoriste.
Cette situation a provoqué un grand scandale et un débat international sur les méthodes de protection de l'enfance dans les pays nordiques.
Le choix de la fiction
Comme l'explique Bulles de Culture, le réalisateur a combiné plusieurs affaires similaires pour bâtir une histoire entièrement fictive.
Le film utilise ce drame pour montrer un conflit plus large entre les valeurs traditionnelles d'une famille chrétienne et les normes de la société moderne.
Tourné en Norvège avec Sebastian Stan et Renate Reinsve (CNC), il interroge le regard que la société porte sur l'éducation des enfants.
Une lecture qui m'a permis d'y voir plus clair et a confirmé les intentions du réalisateur (lus, affichés dans mon ciné habituel).
Oui, les cinq enfants de la famille Bodnariu ont été rendus à leurs parents en juin 2016 après plusieurs mois de placement par les services sociaux norvégiens.
Déroulement de l'affaire
Saisine (2015) : Les services de protection de l'enfance en Norvège (Barnevernet) avaient retiré la garde des enfants à la suite d'allégations de châtiments corporels.
Mobilisation : Cette décision avait provoqué une vive polémique internationale et de nombreuses manifestations de soutien.
Dénouement (2016) : Un accord a finalement été trouvé entre les autorités et les parents, permettant le retour de tous les enfants au sein du foyer familial.
Cristian Mungiu, s'il s'est inspiré d'une affaire qui a fait polémique en Norvège, ne fait qu'instiller le "doute" dans nos esprits, tout au long de son film.
Après tout, ce n'est qu'une "fiction" désireuse de poser "débat", néamoins malaisante.