Fjord, c’est un peu le boss final du wokisme, celui qui vient mettre à l’épreuve les progressistes en leur disant de modérer leurs ardeurs d’athée rationnel sans quoi ils n’auront pas la chance de pouvoir se mélanger avec les intégristes religieux. L’angle est original et le scénario cherche le malaise : les cathos sont gentils, l’Aide à l’enfance est méchante. Alors ça gratte un peu mais le film a le mérite de provoquer le débat. On sent qu’on se fait doucement manipuler et après 2h26, on finit par craquer : « oui d’accord, tout n’est pas à jeter dans la religion ». On aura pris une bonne leçon de tolérance, merci. Mais est-ce que cela justifiait de faire passer la Norvège, 6eme au classement mondial du Happiness World Report des Nations unies, pour un enfer kafkaïen ? Pas sûr. Est-ce que la Norvège, de son côté, regrettera ces parents qui expliquent à leurs enfants que les homosexuels ont pour vocation de brûler en enfer ? Pas sûr, non plus. Il restera un plaisir pervers : celui d’imaginer les cathos, spectateurs amadoués par cette palme d’or cannoise, découvrir en écarquillant les yeux, le premier film de Cristian Mungiu, sur le thème des avortements clandestins.