Dans son film de procès, Mungiu se place délibérément du côté de l'idéologie et non des faits. Le procès qu'il met en scène est légitime et la façon qu'a d'y répondre la société norvégienne risque davantage d'accentuer la fracture entre progressistes et traditionalistes que de la recoudre. Mais trop d'éléments caricaturaux viennent déséquilibrer le propos, rendant le bon sens de la famille bien plus sympathique que le procès en sorcellerie qui est mené contre elle. La part qu'accorde Mungiu aux forces de l'amour et de la mort pour contrebalancer la radicalité des sociétés trouve dès lors une part trop faible, et un peu hors sujet, dans l'amour de Noora pour Elia et la compassion de Lisbet pour Ake, le grand-père handicapé, qu'elle accompagne dans la mort. (voir ici développement de la critique)