Je n'aurai dû croire personne, le cinéaste ne prend tellement pas parti. Les deux "camps" ont leurs abus (en plus scindé en deux parties). Par contre, là où le film m'agace est dans sa longueur inutile, son manque de finesse (et par conséquent son manque de silences), son absence de véhémence, son manque de point de vue des enfants, puis sa volonté de vouloir "tout faire entrer dans les cadres".
Mais j'apprécie sa mise en scène articulée autour des matériaux / structures qui séparent les corps, qui illustrent une société divisée, suggérant dès le départ que la coexistence sera difficile. D'où le titre, même : ces montagnes se faisant face et séparée par un bras de mer. Tous les espaces sont pensés pour être une communion collective, mais l'absence de communication et les préjugés sur base de morales & valeurs font de ce paysage une série de lignes de fuite où l'éloignement règne.
J'aime également que Mungiu évite les réponses toutes faites et de répondre à chaque "croyance" et "règle" qu'il dépeint, alors que la majorité des personnages manque d'empathie et pense comme des machines dévouées à des "doctrines" (je reprends un terme du film). Des personnages tous déjà persuadés du bien fondé de leurs jugements, avant même le début d'une moindre discussion. C'est un film sur deux types de croyances qui se font face, et qui n'arrivent pas à s'entendre à cause des barrières et boucliers qu'ils ont préalablement installés. Jusqu'à bien appuyer sur le malaise. Je suis même convaincu que se cache derrière tout cela du grotesque auquel le cinéaste s'est refusé.