Une Palme d'or pour une fois totalement méritée parce qu'elle interroge un sujet fondamental pour moi, la liberté religieuse et la façon dont sa pratique télescope quotidiennement les règles de la communauté républicaine et progressiste, et surtout parce que le réalisateur refuse de trancher entre ces deux sphères d'influence privée et publique, se contentant de tapoter là où ça fait mal en illustrant les failles et les contradictions des deux camps ici personnifiés et caractérisés par les parties en présence dans un simple procès de maltraitance. Pour ma part je me suis retrouvé très critique de chacun tellement tout le monde s’agrippe à des schémas dogmatiques non falsifiables, tous les acteurs sont excellents et j'ai été particulièrement touché par l'arc narratif du vieil Ake qui symbolise l'incompréhension des anciens face à une guerre des valeurs qui les dépasse.