On a fait beaucoup de procès d’intention à la palme d’or 2026; et il est vrai qu’il y a beaucoup de choses à dire sur Fjord, le plus intéressant est surement qu'elle ne laisse pas indifférent.
Je ne suis pas sure d'avoir compris tous les tenants et aboutissants, ou d'avoir parfaitement suivi le fil conducteur et la pensée du réalisateur. En tout cas, psychologiquement c'était assez réussi: on suit le quotidien d'une famille dont les valeurs et les pratiques extrêmes voires démagogues nous choquent, mais en étant à 100% derrière leurs yeux, en ne voyant que leur point de vue, on fini malgré nous par se prendre d'affection pour eux et essayer de les défendre.
On comprend aussi rapidement que le véritable procès n'est pas celui de la violence mais celui du décallage culturel. Sans doute un clin d'oeil à L'Etranger de Camus. Au-delà de dénoncer un crime, c'est une question morale qu'on essaye ici de régler: Jusqu'à quel point la liberté de penser et de pratiquer est-elle tolérable? Jusqu'où la justice et l'Etat peuvent-ils s'immiscer dans l'éducation de la jeunesse dans le but de créer une société parfaite ou tout du moins harmonieuse?
Tout le leitmotiv repose sur un concept simple "Ces valeurs conservatrices ne sont pas les notres ici en Norvège", ce qui est évidemment démenti par la présence même de l'église que fréquente cette famille, ou les amis qui les entourent et qui partagent leurs idées.
Au final il n'y a pas de véritable réponse, et chacun peut voir l'injustice où il le souhaite. C'est toute la justesse du propos.
Un mot sur l’image de ce fjord norvégien est absolument sublime, dont la froideur et les avalanches collent aussi bien à la rigidité du système qu’aux passions de ces jeunes adolescentes à l’amour naissant, à peine évoqué.