Les premières images émerveillent: le bateau fend la mer limpide entourée de montagnes enneigées, c'est beau, c'est pur, c'est la Norvège telle qu'on la rêve. Les maisons sont pimpantes, les intérieurs chaleureux, les habitants adorables, le proviseur bienveillant, les nouveaux arrivants vite adoptés.
Puis cette harmonie va s'assombrir, et c'est le fossé entre deux cultures qui se révèle à partir de presque rien, des bleus dont l'origine est controversée, le cours de lutte étant plutôt violent, et le père d'origine roumaine avouant quelques fessées données à ses enfants ( ils sont cinq, normal dans une famille chrétienne traditionaliste) . Arrive alors le contrôle par l'administration rigide de l'aide à l'enfance. Le procès qui décidera du sort des enfants, retirés ou gardés par les parents, est un moment passionnant par l'opposition sans nuance des arguments invoqués par les avocats. Personne n'a raison ou tort, c'est deux conceptions qui s'affrontent dans un pays certes protestant de tradition mais profondément libéral et laïque.
L'origine roumaine du père stigmatise cette famille pourtant éduquée et intégrée, l'éducation de ce pays étant considérée rétrograde et punitive.
Bref le film est bien fait, bien interprété, la question sociétale pertinente, mais cela valait- il une Palme d'or? Il manque un peu d'audace et d'invention stylistique.