C'est un film qui fait gamberger mais je crois que ça reste son unique qualité.

Mungiu va filmer l'affrontement entre les valeurs conservatrices roumaines et les valeurs progressistes norvégiennes. L'ennui quand on est cinéaste, c'est que la neutralité n'existe pas, qu'il le veuille ou non son film a clairement choisi son camp. Il dépeint l'aide à l'enfance comme une entité privée de sentiments qui agit sans réflexion et prive les parents de leurs enfants sans leur donner une chance de s'expliquer. Sa description de la famille roumaine qui s'oppose aux valeurs norvégiennes est beaucoup moins agressive. L'amour des parents est le focus principal du film. C'est d'ailleurs l'axe principal d'attaque pour l'avocate des parents. Apparemment un amour débordant pourrait compenser de nombreux manques éducatifs. C'est comme si l'amour d'un homme pour une femme pouvait compenser le fait qu'il la tabasse… Quand on sait que quand les enfants sont victimes de violences les parents sont dans la plupart des cas responsables de cette violence, le propos du film a beaucoup de mal à se justifier, à mes yeux.


L'autre point problématique de cette famille qui n'est pas remis en question par la mise en scène de Mungiu est l'extrémisme religieux des Gheorghiou. Le problème n'est évidemment pas leur pratique de leur religion mais leur prosélytisme récurent tout au long du film. Seul leur voisin semble avoir une légère réaction face à cette évangélisation que les enfants pratiquent malgré eux et que les parents pratiquent en pleine conscience. Résultat des courses: deux personnes converties et plusieurs enfants qui tiennent des propos homophobes. Ah oui parce qu'ils sont hyper homophobes dans cette famille. Normalement ça n'a pas de rapport avec leur religion, c'est plutôt lié à leur vision conservatrice de la société mais ce point là n'est pas très développé dans le film.


Maintenant en dehors des propos socio-politiques du film, la réalisation est assez terne. On voit vite que tout l'intérêt du film repose dans ce qui est dit plus que dans l'aspect visuel. Même dans les dialogues, c'est principalement du champ/contre-champ, un truc assez basique qui n'a pas vraiment de réel sens, de ce que j'en ai compris.


J'ai du mal à comprendre la décision du jury du Festival de Cannes qui fait le choix de décerner la palme d'or à ce Fjord qui ne la mérite pas vraiment. Surtout, je trouve ça dangereux car la palme d'or a une responsabilité, elle devient pendant un an l'image du cinéma à une échelle internationale. Pour tous les côtés problématiques du film je ne trouve pas ce choix judicieux.


Sebastian Stan et Renate Reinsve sont plutôt chauds.

elgrandecoco
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il y a 6 jours

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